L’Inde et l’Union européenne ont officialisé la conclusion d’un accord de libre-échange d’envergure, présenté comme l’un des plus ambitieux jamais conclus par Bruxelles.
Après près de vingt ans de négociations intermittentes, ce traité établit une vaste zone économique regroupant près de deux milliards de personnes, dans un contexte international marqué par les tensions commerciales et les recompositions géopolitiques.
L’accord vise à renforcer les liens économiques entre les deux partenaires face à la concurrence croissante de la Chine et aux effets de la guerre commerciale menée par les États-Unis dans les quatre coins de la planète.
« Ce traité va offrir de nombreuses opportunités » aux deux partenaires, s’est félicité le Premier ministre indien, Narendra Modi, précisant qu’il couvre environ 25 % du produit intérieur brut mondial et près d’un tiers du commerce international.
Ces déclarations ont été faites avant sa rencontre avec le président du Conseil européen, Antonio Costa et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Cette dernière a salué «l’accord de tous les accords», affirmant que l’Europe et l’Inde avaient «fait l’histoire en jetant les bases d’une coopération économique renforcée ».
Berlin s’est également réjoui de cette avancée, le ministre allemand des Finances et vice-chancelier Lars Kingbeil évoquant «de nouvelles opportunités de croissance et d’emplois de qualité» pour les deux économies.
Les derniers points de blocage ont été levés lors d’ultimes négociations le lundi 26 janvier à Bruxelles. Le texte prévoit une réduction significative des droits de douane indiens sur de nombreux produits européens. Selon la Commission européenne, ces mesures pourraient générer jusqu’à quatre milliards d’euros d’économies annuelles pour les entreprises de l’UE.
Les taxes sur les véhicules européens devraient ainsi chuter de 110 % à 10 %, celles imposées aux vins de 150 % à 20 %, tandis que plusieurs produits alimentaires verront leurs droits totalement supprimés.
Les échanges commerciaux entre l’Inde et l’UE ont déjà progressé de près de 90 % en dix ans, atteignant 120 milliards d’euros pour les marchandises en 2024, auxquels s’ajoutent 60 milliards d’euros de services. Bruxelles espère désormais un doublement des exportations européennes vers l’Inde, un marché longtemps protégé.

