Pour la première fois depuis huit ans, un Premier ministre britannique s’est rendu en Chine. Keir Starmer a entamé une visite officielle de quatre jours à Pékin, destinée à relancer une relation bilatérale longtemps marquée par les tensions et la méfiance.
Le chef du gouvernement britannique s’est entretenu ce jeudi 29 janvier au Palais de l’Assemblée du peuple à Pékin, avec le président chinois, Xi Jinping qui l’a ensuite convié à un déjeuner de travail.
Au cœur de ces échanges, la volonté affichée par Londres de bâtir une relation «sophistiquée» avec Pékin, conciliant coopération économique, sécurité internationale et dialogue politique.
Pour Keir Starmer, l’amélioration des relations avec la Chine constitue une priorité stratégique, notamment pour soutenir la croissance de l’économie britannique. «La Chine est un acteur essentiel sur la scène internationale», a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’identifier des opportunités de collaboration tout en abordant «de manière franche» les sujets de désaccord qui persistent entre les deux pays.
Sans les citer explicitement lors de leur rencontre, les différends entre les deux pays restent nombreux, allant de l’appui de Pékin à la Russie dans sa guerre en Ukraine, à la situation à Hong Kong, en passant par des accusations réciproques d’espionnage.
Le président Xi Jinping a reconnu que les relations sino-britanniques avaient été «riches en rebondissements», estimant qu’une confrontation prolongée ne servait les intérêts d’aucune des deux nations.
Il s’est en outre, dit prêt à développer un partenariat stratégique de long terme avec le Royaume-Uni, appelant à un renforcement du dialogue entre deux puissances membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.
Au-delà des déclarations diplomatiques, la dimension économique a dominé largement les discussions entre les dirigeants des deux pays. Plus de cinquante chefs d’entreprise accompagnent Keir Starmer, illustrant l’importance accordée par Londres aux échanges commerciaux avec la Chine.
Le Premier ministre britannique a salué des avancées « vraiment bonnes » sur les droits de douane chinois visant le whisky britannique, l’exemption de visas et la coopération contre la migration irrégulière.
Tout en réaffirmant la solidité du partenariat transatlantique avec les États-Unis, Keir Starmer a jugé «absurde» que le Royaume-Uni se détourne de Pékin, un positionnement assumé, dans un contexte international où plusieurs dirigeants occidentaux ont récemment choisi de renouer le dialogue avec la deuxième économie mondiale dans le but de rééquilibrer leurs rapports avec leurs partenaires de premier plan.

