Moins d’un mois après l’intervention militaire américaine ayant conduit, en dehors de tout cadre juridique international, à la capture du président Nicolas Maduro, le Venezuela amorce un tournant majeur dans sa politique énergétique.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez a salué un « bond historique » du secteur pétrolier ce jeudi 29 janvier, avec le lancement d’une réforme législative ouvrant largement l’industrie aux capitaux privés et d’une suspension partielle des sanctions américaines imposées depuis 2019.
S’exprimant devant des employés du secteur pétrolier réunis à Caracas, la présidente intérimaire a annoncé avoir échangé à ce sujet, avec le président américain, Donald Trump et son secrétaire d’État, Marco Rubio.
Dans la foulée, Washington a levé certaines sanctions impliquant Petroleos de Venezuela (PDVSA), permettant aux entreprises américaines de commercer de nouveau avec le géant public. Le ministère américain des Finances a confirmé que les opérations de PDVSA et de ses filiales majoritaires sont désormais autorisées.
Dans le même temps, le président Donald Trump qui a confirmé avoir échangé avec son homologue vénézuélienne, a annoncé avoir demandé la réouverture de l’espace aérien vénézuélien aux vols commerciaux, assurant que les citoyens américains pourront prochainement se rendre au Venezuela « en toute sécurité », et que le Venezuela est désormais placé sous un contrôle « très ferme ».
Un coup du hasard ou une coordination diplomatique, l’allègement des sanctions est intervenu quelques minutes après l’adoption par l’Assemblée nationale vénézuélienne d’une réforme en profondeur de la loi sur les hydrocarbures. Le nouveau texte met fin au modèle instauré sous Hugo Chavez, qui imposait une majorité publique dans toutes les coentreprises pétrolières et une fiscalité élevée.
La loi autorise désormais des contrats permettant aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser le pétrole sans participation obligatoire de l’État. Elle introduit une contribution unique plafonnée à 15 % et des redevances maximales de 30 % des revenus bruts, avec une flexibilité fiscale laissée à l’exécutif selon la rentabilité des projets.
Longtemps surnommé le « Venezuela saoudite », le pays produit aujourd’hui environ 1,2 million de barils par jour, loin des plus de 3 millions atteints au début des années 2000.

