La Belgique a engagé des négociations exclusives avec Engie en vue d’une éventuelle nationalisation de l’ensemble de son parc nucléaire, rapportent plusieurs médias locaux dans leur édition du jeudi 30 avril, relevant que cette initiative marque une inflexion majeure de la politique énergétique du pays.
Les discussions portent sur l’ensemble des activités nucléaires exploitées par Engie et sa filiale Electrabel, incluant les sept réacteurs belges répartis sur les sites de Centrale nucléaire de Doel et de Centrale nucléaire de Tihange, rapporte l’agence Belga. Dès l’ouverture des pourparlers, les autorités de Bruxelles ont ordonné la suspension immédiate des opérations de démantèlement en cours, alors que certains réacteurs étaient déjà engagés dans une phase d’arrêt.
Le Premier ministre belge, Bart De Wever a justifié cette démarche par la nécessité d’assurer « une énergie sûre, abordable et durable », tout en réduisant la dépendance aux importations de combustibles fossiles et en renforçant la maîtrise nationale de l’approvisionnement.
À ce stade, l’accord prend la forme d’une lettre d’intention. Les deux parties ambitionnent de parvenir à un compromis global d’ici au 1er octobre 2026, à l’issue d’un audit complet des activités nucléaires du groupe. Toute transaction devra néanmoins être validée par les autorités de régulation, notamment l’Agence fédérale de contrôle nucléaire, souligne BFMTV.
Le périmètre de la reprise envisagée dépasserait les seuls réacteurs, incluant le personnel, les filiales ainsi que l’ensemble des actifs et passifs, y compris les obligations liées au démantèlement. Ce projet constitue un revirement notable par rapport à la stratégie antérieure de sortie progressive du nucléaire, qui prévoyait la fermeture de la majorité des installations, seules deux unités ayant été prolongées jusqu’en 2035.
Si les modalités financières restent confidentielles, des divergences persistent entre Engie et l’État belge, notamment sur le coût du démantèlement, estimé à plus de 8,7 milliards d’euros.

