Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat par le bureau de l’Assemblée des États parties, en raison d’allégations d’agression sexuelle faisant actuellement l’objet d’une enquête interne. La décision, annoncée lundi dans un communiqué officiel, a été adoptée à la majorité qualifiée par les 21 membres du bureau.
L’instance dirigeante de la juridiction internationale a toutefois tenu à préciser que cette mesure conservatoire ne préjuge en rien des conclusions de la procédure en cours. « Le bureau insiste sur le fait que cette suspension ne donne aucune indication sur l’issue finale de l’affaire », souligne le communiqué, rappelant que le dossier devra également être examiné par les 125 États membres de la CPI.
Karim Khan, qui réfute catégoriquement les accusations portées à son encontre, s’était déjà retiré temporairement de ses fonctions en mai 2025 afin de préparer sa défense. Une enquête interne a été ouverte à la suite de plaintes formulées par une collaboratrice de son équipe.
Âgé de 55 ans, le magistrat britannique dirige le bureau du procureur de la CPI depuis juin 2021. Au cours de son mandat, il a été associé à plusieurs dossiers majeurs, notamment les enquêtes relatives aux crimes internationaux présumés commis dans différents conflits. Il a également été récusé dans la procédure visant l’ancien président philippin Rodrigo Duterte, poursuivi pour crimes contre l’humanité, dont le procès est prévu le 30 novembre prochain.
Karim Khan s’est particulièrement retrouvé sous les projecteurs en 2024 après avoir obtenu des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant dans le cadre de l’enquête sur les événements survenus à Gaza. La Cour avait également délivré des mandats contre plusieurs responsables du Hamas.
Cette suspension intervient alors que la CPI, basée à La Haye, fait face à une pression diplomatique croissante. En février 2025, le président américain Donald Trump avait signé un décret imposant des sanctions contre la juridiction, dénonçant des actions jugées « illégales et sans fondement » à l’encontre des États-Unis et d’Israël.

