Le bilan des victimes du double séisme au Venezuela grimpe à 1.450 morts

Le double séisme ayant frappé le Venezuela le 24 juin dernier, continue de révéler l’ampleur des dégâts humains et matériels. À La Guaira, l’État le plus durement touché, l’un des principaux complexes résidentiels du programme de logements sociaux lancé sous la présidence d’Hugo Chávez a été déclaré inhabitable, contraignant des centaines de familles à abandonner leurs habitations lourdement endommagées.

Parmi elles figure Jenny Contreras, qui, avec son époux et leur fils de quatre ans, passe désormais ses nuits à la belle étoile. Installée dans un appartement situé aux étages inférieurs de l’un des 192 immeubles du complexe Urbanismo Hugo Chávez, à Catia La Mar, la famille n’a eu le temps de récupérer que quelques effets personnels avant que la structure ne soit gravement endommagée par les centaines de répliques ayant suivi les séismes de magnitude 7,2 et 7,5 degrés. Selon le dernier bilan officiel, la catastrophe a fait 1.450 morts en plus des blessés et des milliers de sans-abris.

Au total, des centaines de bâtiments ont été fragilisés à travers le pays. Les autorités recensent 189 immeubles totalement effondrés, principalement dans les régions de Caracas et de La Guaira. Plusieurs habitants affirment que certains effondrements ont également été provoqués par des explosions de bouteilles de gaz domestique survenues après les secousses.

« Il est certain que tout le lotissement sera déclaré inhabitable », confient des riverains, estimant que l’ensemble du complexe devra être démoli en raison de la gravité des dommages structurels.

Cette catastrophe remet en lumière les critiques formulées depuis plusieurs années par des experts concernant la qualité de construction de certains logements réalisés dans le cadre de la MisiónVivienda, programme emblématique lancé par Hugo Chávez. Plusieurs spécialistes avaient déjà alerté sur l’apparition précoce de fissures et de dégradations affectant ces bâtiments.

Face à l’urgence, la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, a annoncé la création de camps d’hébergement provisoires pour les personnes ayant perdu leur logement. Elle a également promis le lancement rapide de nouveaux projets de construction. Une annonce accueillie avec prudence par de nombreux sinistrés, qui redoutent d’être durablement relogés dans des refuges déjà occupés par les victimes de précédentes catastrophes naturelles.