La gestion maîtrisée et responsable des flux migratoires par le Maroc est largement relayée par les médias internationaux comme par les experts, à l’image de l’expert onusien des droits de l’Homme, Louis-Marie Bouaka, ou de Paolo von Schirach, président du think tank américain Global Policy Institute, pour qui il est grand temps pour les pays européens de prendre leur part de responsabilité.
« Aujourd’hui, le renforcement de la coopération avec le Maroc s’impose comme un impératif pour une gestion plus efficiente des flux migratoires, notamment à travers une meilleure coordination et des mécanismes d’alerte et de veille plus efficaces », a déclaré à la MAP M. von Schirach, par ailleurs professeur de sciences politiques et de relations internationales à la Bay Atlantic University de Washington.
Le fardeau de la lutte contre la migration irrégulière ne peut reposer sur les actions d’une seule partie, il s’agit d’un effort collectif qui exige une mobilisation et une coordination de l’ensemble des parties concernées, a-t-il insisté.
Pour sa part, l’expert onusien des droits de l’Homme, Louis-Marie Bouaka estime que «les services de sécurité marocains font preuve d’une véritable opérationnalité, adossée à un système de veille continue qui permet une anticipation et une réactivité rares dans la région — une maturité institutionnelle construite sur plus d’une décennie d’expérience et d’ajustements successifs»
Selon cet ancien représentant régional du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme pour l’Afrique, les flux migratoires, lorsqu’ils sont mal anticipés, deviennent «un facteur de tensions et d’instabilité régionale», alors qu’une gestion maîtrisée — comme celle qu’assure le Maroc — peut devenir «un facteur de stabilité et de coopération».
Aucun pays ne peut porter seul cette responsabilité dans la durée, car «la gestion des flux migratoires est par nature une responsabilité partagée», a insisté M. Bouaka, également membre du conseil scientifique de l’institut international d’études géopolitiques (IIEG) de Montpellier.
L’expert onusien a aussi rappelé que depuis le lancement de sa nouvelle politique migratoire en 2013, le Maroc a opéré un basculement stratégique : d’un pays historiquement perçu comme un simple pays de transit vers l’Europe, il est devenu un pays d’accueil et de régularisation, avec plusieurs vagues de régularisation de migrants subsahariens.
Cette évolution, a-t-il ajouté, «traduit une prise de conscience précoce que la gestion des flux migratoires ne pouvait plus se penser uniquement sous l’angle sécuritaire, mais devait intégrer une dimension humaine et de coopération régionale».

