ONU : Bourita appelle au renforcement de la lutte contre les groupes armés non étatiques

Devant l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a appelé la communauté internationale à redéfinir ses priorités dans la lutte contre les groupes armés non étatiques, tout en pointant du doigt le déclin de la capacité des structures institutionnelles actuelles à assumer leurs rôles en matière de prévention des conflits et de gestion des crises.

Cette situation impose de manière urgente à la communauté internationale de redéfinir ses priorités autour de questions stratégiques, au premier rang desquelles figure la lutte contre la menace croissante que représentent les groupes armés non étatiques, a souligné le ministre dans un discours prononcé mardi soir au nom du Maroc au débat général de la 81e session de l’Assemblée générale.

Dans ce cadre, M. Bourita a passé en revue les grandes lignes du paysage international actuel, marqué par l’aggravation de crises aigus et complexes, où s’entremêlent les dimensions militaires, économiques, énergétiques et environnementales, dans un contexte où les tendances au conflit dominent en tant que norme régissant les relations entre les États, sur fond d’incertitude persistante qui rend difficile toute visibilité sur l’évolution de ces crises.

Le ministre a ainsi tiré la sonnette d’alarme face à la menace croissante que représentent les groupes armés non étatiques pour la sécurité, la souveraineté et la stabilité des États, et face à leur volonté d’étendre leur influence sur les voies maritimes et les détroits, allant jusqu’à entraver la navigation internationale.

M. Bourita a étayé sa mise en garde par des chiffres inquiétants montrant que plus de 200 millions de personnes à travers le monde vivent désormais sous l’emprise de ces groupes ou dans des zones marquée par des luttes acharnées pour le pouvoir, avec plus de 130 groupes armés non étatiques classés comme parties à des conflits armés. Cette situation, a-t-il déploré, « reflète clairement l’ampleur de cette menace dans un monde qui, au cours des deux dernières décennies, a sombré dans une spirale qui l’a rendu moins sûr et moins stable ».

M. Bourita a mis l’accent sur le lien organique étroit qui existe, d’une part, entre les groupes armés et les milices séparatistes et, d’autre part, entre les organisations terroristes, les réseaux criminels transfrontaliers et les mercenaires, réfutant ainsi toute illusion pouvant amener à classer l’une de ces entités parmi les forces pacifiques ou constructives capables de participer aux processus de règlement des conflits.

Ces entités, a-t-il dénoncé, reposent exclusivement sur la logique de la violence et du fait accompli, au service d’agendas occultes.

Face à cette menace que représentent les groupes armés non étatiques, le ministre a appelé à une action internationale ferme, fondée sur la mise en cause explicite de la responsabilité des États qui parrainent, abritent, financent et arment ces groupes, relevant que la responsabilité de ces États parrains ne se limite pas à de simples considérations politiques, mais engendre aussi une responsabilité juridique, morale et historique.

Il a, dans ce sens, insisté sur la nécessité de mettre un terme à toute tentative visant à utiliser les groupes armés comme prétexte pour échapper à la responsabilité internationale ou comme moyen de mettre en œuvre, par procuration, les plans des États qui les soutiennent.

Le ministre a également appelé à des sanctions dissuasives à l’encontre de ces groupes et de ceux qui les protègent, ainsi qu’à l’application du principe de responsabilité à l’égard de toute partie qui les finance, leur fournit des armes ou les abrite.