Les autorités estoniennes ont accusé mardi 29 septembre, les services de sécurité russes d’avoir commandité l’incendie criminel ayant ciblé en août à Tallinn, un site de l’entreprise de défense Milrem Robotics, qui fournit notamment des véhicules terrestres sans pilote à l’Ukraine. Moscou a immédiatement réfuté ces accusations, les qualifiant d’infondées.
L’incendie qui s’était déclaré dans la nuit du 14 au 15 août dans un bâtiment utilisé par Milrem Robotics, a rapidement été maîtrisé et aucun blessé n’avait été signalé. Trois ressortissants lettons soupçonnés d’être impliqués dans cet incendie ont ensuite été arrêtés en Lettonie avant d’être remis aux autorités estoniennes.
Après l’examen des éléments recueillis par le Service de sécurité intérieure estonien (KAPO), Tallinn affirme avoir établi que l’incendie constituait un « acte de sabotage » commandité par les services spéciaux russes. Le gouvernement estonien estime également que le mode opératoire correspond à celui d’autres opérations de sabotage attribuées à Moscou en Europe.
Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a annoncé la décision de convoquer le chargé d’affaires russe à Tallinn, dénonçant une campagne visant, selon les autorités estoniennes, à intimider les pays européens et les forcer à réduire leur soutien à l’Ukraine.
Le Kremlin a fermement rejeté ces accusations des autorités estoniennes. Son porte-parole, Dmitri Peskov, les a qualifiées d’«infondées» et dépourvues d’éléments justificatifs probants, affirmant que Moscou ne les prenait pas au sérieux.
L’affaire a suscité des réactions de solidarité au sein de l’Union européenne et de l’OTAN. Le secrétaire général de l’Alliance nord-atlantique, Mark Rutte a estimé que les actions hostiles attribuées à la Russie ne parvenaient pas à affaiblir l’unité des alliés ni leur soutien à l’Ukraine. La France, la Suède et plusieurs pays baltes ont également exprimé leur soutien à Tallinn.

