Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane aurait rejeté une proposition israélienne visant à participer aux opérations militaires contre les rebelles houthis au Yémen, malgré des démarches menées par l’intermédiaire des États-Unis pour obtenir l’accord de Riyad, a révélé hier lundi, le quotidien israélien Haaretz.
Une source diplomatique aurait confié au journal, sous couvert de l’anonymat, que le dirigeant saoudien ne souhaitait pas bénéficier d’une assistance militaire israélienne, redoutant qu’une telle coopération ne provoque une réaction défavorable au sein de la population saoudienne.
Une autre source proche du dossier affirme, en revanche, qu’Israël espérait que cette collaboration contribuerait à rapprocher les deux pays et favoriserait, à terme, la conclusion d’un accord de normalisation de leurs relations diplomatiques bilatérales.
Les autorités saoudiennes n’avaient pas réagi dans l’immédiat à ces informations.
Riyad n’entretient actuellement aucune relation diplomatique avec Israël et conditionne toujours une éventuelle normalisation au règlement de la question palestinienne, notamment à la création d’un État palestinien souverain et indépendant, barrant le chemin à tout normalisation.
Les révélations de Haarez interviennent dans un contexte de recrudescence des attaques attribuées aux Houthis contre le territoire saoudien, notamment contre des infrastructures aéroportuaires.
Selon les dernières informations rapportées par les médias, une frappe contre l’aéroport international du roi Khaled, à Riyad, aurait fait 13 morts et plus de 300 blessés samedi.
Une nouvelle attaque visant le même site dimanche dernier aurait tué un ressortissant pakistanais et blessé onze autres personnes, d’après l’Autorité générale saoudienne de l’aviation civile.
Cette escalade intervient après une période d’accalmie relative, consécutive à l’entrée en vigueur, en avril 2022, d’une trêve négociée sous l’égide des Nations unies.
Les hostilités ont repris en juillet, accentuant les inquiétudes sécuritaires dans la région.
Dans le sillage du conflit yéménite remonte à septembre 2014, lorsque les Houthis se sont emparés de Sanaa et de plusieurs provinces du pays, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite est intervenue militairement en mars 2015 au Yémen, pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu par la communauté international, mais les rebelles houthis résistent encore.

