L’UE affirme disposer de solutions pour protéger la CPI face aux sanctions américaines

L’Union européenne (UE) affirme disposer de plusieurs options pour permettre à la Cour pénale internationale (CPI) de poursuivre ses activités malgré les sanctions et les mesures restrictives américaines visant la juridiction et ses magistrats, a affirmé lundi la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept.

« Le délai de six mois avant l’entrée en vigueur des mesures américaines offre une possibilité de dialogue », a déclaré Kallas lors d’une conférence de presse, soulignant la détermination des États membres de l’UE à préserver le fonctionnement de la CPI, assurant que l’Union Européenne disposait de moyens pour garantir la poursuite de ses missions essentielles.

Les discussions ont également porté sur l’isolement international de la Russie, notamment dans les domaines sportif et culturel. Pour Kaja Kallas, ces secteurs ne doivent pas servir à banaliser l’agression russe contre l’Ukraine.

Elle a annoncé que ses services, en collaboration avec la Commission européenne, présenteraient des propositions destinées à maintenir les restrictions visant la participation russe au sport international.

Concernant les sanctions contre Moscou, la responsable européenne a plaidé pour un renforcement de la coopération avec Washington et les autres partenaires occidentaux pour resserrer l’étau autour de Moscou.

Une action coordonnée avec les États-Unis et le Royaume-Uni permettrait, selon elle, d’accroître considérablement l’efficacité des mesures économiques visant la Russie.

Bruxelles espère notamment que la proposition législative portée par le sénateur américain, Lindsey Graham contribuera à accentuer la pression sur la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Par ailleurs, les ministres européens ont approuvé près de 1.600 nouvelles inscriptions sur les listes de sanctions visant le complexe militaro-industriel russe. Présentée par Kallas comme la plus importante extension de cette liste en une seule fois depuis février 2022, cette mesure cible notamment la chaîne de production des missiles balistiques, qui représente plus de la moitié des nouvelles inscriptions.

La sécurité maritime a également figuré parmi les sujets abordés. Kallas a condamné les attaques des Houthis contre l’aéroport de Riyad, dénonçant des actes terroristes visant des infrastructures civiles.

Elle a rappelé que la libre circulation en mer Rouge constituait un intérêt stratégique pour l’Europe et plaidé contre l’imposition de péages sur les routes maritimes internationales.