Les mobilisations contre la vie chère gagnent plusieurs pays européens après les manifestations en France

Les mobilisations contre la vie chère et les difficultés d’accès à l’éducation se sont étendues à plusieurs pays européens, notamment l’Albanie, la Belgique et l’Italie, dans le sillage de la journée de protestation organisée en France le 17 octobre. 

Portés initialement par des jeunes, ces rassemblements ont progressivement fédéré d’autres catégories de la population, dénonçant le manque de moyens consacrés aux services publics et l’insuffisance des réponses gouvernementales aux besoins élémentaires des populations.

En France, entre 550.000 et 800.000 personnes auraient participé aux manifestations en cours, selon les estimations rapportées. Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité du mouvement lycéen engagé à la mi-septembre, qui réclame de meilleures conditions d’études et davantage de ressources pour préparer leur avenir. La contestation qui a touché plusieurs villes de l’Hexagone, s’est également nourrie des préoccupations liées à l’augmentation du coût de la vie.

En Albanie, les manifestations se sont poursuivies samedi pour une cinquième journée consécutive. À Tirana, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège du ministère de l’Éducation avant que les protestations ne s’étendent à la capitale. 

Les manifestants réclament notamment la démission du Premier ministre, Edi Rama, et dénoncent les conditions d’enseignement ainsi que les frais d’inscription universitaires. Cette nouvelle escalade intervient après plusieurs mois de contestation antigouvernementale.

Des violences ont émaillé les rassemblements durant lesquels des manifestants ont lancé des pierres sur les forces de l’ordre, incendié des poubelles et érigé des barricades. Des incendies ont également touché plusieurs bâtiments, dont la Cour suprême et l’entrée de la Banque d’Albanie. La police a fait usage Pour la première fois depuis le début de la protestation, de balles en caoutchouc blessant au moins trois personnes, d’après le témoignage d’une manifestante cité par des médias étrangers.

En Italie, Maurizio Landini, Secrétaire général du syndicat CGIL qui a organisé une mobilisation nationale, a fait état de plus de 100.000 participants. À Milan, des affrontements ont été signalés en marge des rassemblements.

En Belgique, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Bruxelles et à Liège, notamment contre la hausse des frais d’inscription universitaires. Des heurts ont conduit la police à recourir aux gaz lacrymogènes à Bruxelles et à un canon à eau à Liège.

Au-delà des revendications propres à chaque pays, ces mobilisations illustrent la convergence des préoccupations sociales autour du pouvoir d’achat, de l’éducation et des services publics. Des appels à manifester émergent également en Allemagne et en Grèce, laissant entrevoir un possible élargissement de la contestation à l’échelle européenne.