L’Iran nomme à la tête du ministère de la Défense, un responsable visé par des sanctions internationales

Le Parlement iranien a approuvé dimanche 18 octobre, la nomination de Mehrdad Akhlaghi Ketabchi au poste de ministre de la Défense, mettant fin à huit mois de vacance à la tête de ce portefeuille stratégique. 

Visé par des sanctions des Nations unies depuis 2007 en raison de ses liens avec les programmes balistique et nucléaire iraniens, le nouveau ministre a obtenu 237 voix favorables contre 15 sur 277 suffrages exprimés, selon le radiodiffuseur public iranien « IRIB ».

La nomination du nouveau ministre iranien de la Défense intervient dans un contexte régional tendu depuis le début de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis. Si le ministère de la Défense joue un rôle important dans l’appareil militaire iranien, les principales décisions stratégiques relèvent du guide suprême, Mojtaba Khamenei et des Gardiens de la Révolution.

Âgé de 68 ans, Mehrdad Akhlaghi Ketabchi succède au général Aziz Nassirzadeh, tué le 28 février lors de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran. Le ministère était depuis lors dirigé par intérim par Majid Ebnelreza, un général des Gardiens de la Révolution.

Contrairement à son prédécesseur, le nouveau ministre n’est pas un militaire de carrière. Il a toutefois consacré 42 ans de sa vie professionnelle au secteur de la défense iranienne, notamment dans les industries aérospatiale et balistique.

Avant sa nomination, il dirigeait l’Organisation des industries de la défense (DIO), un ensemble d’entreprises publiques chargé de développer les capacités de production militaire du pays. Il a également dirigé, à partir de 2014 selon les informations rapportées, l’Organisation des industries aérospatiales (AIO), impliquée dans le développement des capacités iraniennes en matière de missiles, de drones et de radars.

Son parcours est notamment associé au développement du missile Kheibar, un système balistique de moyenne portée présenté comme un élément des capacités militaires iraniennes.

Mehrdad Akhlaghi Ketabchi fait l’objet de sanctions onusiennes depuis 2007, en lien avec des activités considérées comme contribuant aux programmes balistique et nucléaire de l’Iran. Les autorités américaines l’ont également sanctionné en 2020. Ces mesures prévoient notamment le gel de ses éventuels avoirs relevant de leur champ d’application.