Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité, lundi 19 octobre, une résolution destinée à renforcer la protection des enfants dans les conflits armés face à l’utilisation croissante des outils numériques par les groupes armés pour recruter, radicaliser et exploiter des enfants mineurs.
Présenté par la Grèce, qui assure la présidence tournante du Conseil durant ce mois d’octobre, le texte souligne les risques liés aux réseaux sociaux, aux plateformes de jeux vidéo et aux services de messagerie, susceptibles de faciliter le recrutement d’enfants, leur enlèvement ou leur exploitation sexuelle.
«Recruter au moyen d’un smartphone, c’est toujours recruter», a déclaré la représentante grecque, appelant à adapter les mécanismes internationaux de protection de l’enfance, à l’évolution des menaces numériques.
La résolution exige des parties aux conflits qu’elles mettent fin au recrutement et à l’utilisation de mineurs en violation du droit international, y compris lorsque ces pratiques s’appuient sur des plateformes numériques.
Elle encourage également les États à renforcer les mécanismes de signalement et à coopérer avec les entreprises technologiques afin de prévenir ces abus, notamment par le recours à des dispositifs de vérification de l’âge.
Le texte ne prévoit toutefois pas de sanctions spécifiques contre les plateformes numériques, malgré leur rôle potentiel dans la prévention de ces pratiques.
L’adoption du projet de résolution à l’unanimité n’a pas empêché plusieurs membres du Conseil de sécurité d’exprimer certaines réserves. Les États-Unis ont notamment critiqué l’efficacité du Bureau de la Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, auquel Washington a retiré son soutien, estimant qu’un élargissement de ses missions ne garantirait pas une protection accrue des enfants mineurs.
La Russie a rappelé que les technologies numériques ne constituaient pas une nouvelle catégorie de violation grave. La Chine a, pour sa part, insisté sur le respect de la souveraineté des États et la protection des données personnelles des enfants. La Somalie a regretté le manque de ressources financières et techniques nécessaires à la mise en œuvre des nouvelles responsabilités.
Selon les chiffres de l’ONU présentés lors des discussions, 38.558 actes de violations graves contre des enfants dans les conflits armés ont été recensées en 2025.

