Le procès de trois militants du mouvement pro-démocratie, accusés d’atteinte à la sécurité nationale de la Chine populaire, s’est ouvert jeudi à Hong Kong, illustrant une nouvelle fois le durcissement politique à l’œuvre depuis l’imposition par Pékin, de la loi sur la sécurité nationale en 2020 sur l’Ile.
Les accusés organisaient chaque année les commémorations de la répression sanglante de la place Tiananmen, survenue le 4 juin 1989 à Pékin.
Cette ancienne colonie britannique devenue une Région Administrative Spéciale de Chine, était le seul territoire chinois où il était encore possible de commémorer publiquement la répression des manifestations pro-démocratie à Tiananmen. Cette exception a pris fin après les grandes mobilisations de 2019, suivies de l’adoption d’une législation sécuritaire drastique, qui a conduit à l’interdiction des veillées à Hong Kong, à partir de 2020.
Les trois prévenus, anciens dirigeants de l’Alliance de Hong Kong, une organisation désormais dissoute, sont poursuivis pour «incitation à la subversion», un chef d’accusation passible d’une peine pouvant atteindre dix ans de prison ferme. Leur procès, qui devrait durer environ soixante-quinze jours, se déroulera sans jury, conformément aux dispositions prévues par la loi sur la sécurité nationale.
Jeudi matin, un imposant dispositif policier était déployé autour du tribunal de première instance de West Kowloon, où plusieurs dizaines de personnes ont fait la queue pour assister à l’audience.
Simon Ng, retraité, a rappelé que les veillées de Tiananmen symbolisaient autrefois la différence fondamentale entre le système politique hongkongais et celui de la Chine continentale.
Deux accusés, Chow Hang-tung et Lee Cheuk-yan, détenus depuis 2021, ont plaidé non coupable et le troisième, Albert Ho, a reconnu les faits. Selon l’accusation, les appels répétés de l’Alliance à mettre fin au régime de parti unique en Chine, constituent des actes de subversion. Cette affaire s’inscrit dans un climat judiciaire tendu, quelques semaines après la condamnation du magnat des médias pro-démocratie Jimmy Lai.

