Plus de 100 prisonniers politiques relâchés en 24 heures au Venezuela (ONG)

Au moins 104 prisonniers politiques ont été libérés dimanche au Venezuela, a annoncé l’ONG ForoPenal, précisant qu’elle vérifie encore le  cas d’autres détenus qui auraient été également libérés. Cette annonce intervient dans un contexte de fortes pressions internationales et de tensions politiques persistantes dans le pays.

« Nous avons vérifié 104 libérations de prisonniers politiques aujourd’hui. Nous continuons d’en vérifier d’autres» cas, a indiqué sur le réseau social X Alfredo Romero, directeur de ForoPenal, après avoir fait état plus tôt d’un premier chiffre d’environ 80 remises en liberté. L’avocat Gonzalo Himiob, également responsable au sein de cette ONG vénézuélienne, a souligné que ce chiffre restait provisoire et susceptible d’évoluer.

Ces libérations font suite aux engagements pris par les autorités vénézuéliennes depuis la désignation le 5 janvier, de la présidente par intérim Delcy Rodriguez en remplacement de l’ex-président Nicolás Maduro, capturé par un commando américain début janvier dernier à sa résidence à Caracas. 

Le gouvernement vénézuélien affirme avoir libéré 626 détenus politiques depuis décembre 2025, un chiffre largement contesté par les organisations de défense des droits humains, dont ForoPenal qui n’en a  recensé qu’environ la moitié à ce stade.

L’opposition et les ONG dénoncent la lenteur et l’opacité du processus de remise en liberté des détenus politiques. Devant plusieurs centres de détention, des familles de prisonniers se rassemblent régulièrement, parfois pendant plusieurs jours, dans l’attente d’informations sur le sort de leurs proches. Ces scènes traduisent l’angoisse persistante et le manque de confiance envers les autorités judiciaires.

Parallèlement, la présidente intérimaire, Delcy Rodriguez a multiplié les annonces politiques et économiques depuis son investiture, notamment la conclusion d’accords pétroliers avec les États-Unis et le lancement d’une réforme législative incluant une nouvelle loi sur les hydrocarbures. Elle a également appelé ce week-end à « parvenir à des accords » avec l’opposition afin de rétablir la « paix » dans le pays, tout en exhortant Washington à ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures du Venezuela.

Prés de 2.400 personnes ont été arrêtées en 2024 et 28 tuées lors de la répression ayant suivi l’élection présidentielle largement contestée par l’opposition. Si plusieurs figures de l’opposition ont récemment été libérées, d’autres restent incarcérées, dont Freddy Superlano et Juan Pablo Guanipa. 

L’opposition continue, de son côté, de contester les résultats du scrutin, dénonçant des fraudes et l’absence de publication détaillée des résultats par le Conseil national électoral.