La candidature de Nouri Al-Maliki à un retour au poste de Premier ministre de l’Irak provoque une nouvelle montée des tensions entre Bagdad et Washington.
L’ancien chef du gouvernement irakien n’a pas tardé à réagir en dénonçant ce mercredi 28 janvier, une «ingérence flagrante» des États-Unis dans les affaires internes de l’Irak, au lendemain des déclarations du président américain, Donald Trump affirmant que Washington cesserait toute aide à l’Irak si Al-Maliki revenait au pouvoir.
À Bagdad, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés dans la soirée du mercredi à proximité de l’ambassade américaine à Bagdad. Certains ont scandé des slogans favorables à Nouri al-Maliki, tandis que d’autres ont brûlé un drapeau américain ou des affiches à l’effigie de Donald Trump, illustrant la polarisation croissante du débat politique.
Figure centrale de la scène politique irakienne depuis deux décennies, Nouri al-Maliki, 75 ans, a déjà dirigé le pays à deux reprises. Il avait quitté ses fonctions en 2014, sous la pression de Washington, qui le considérait alors comme trop proche de l’Iran. Mardi, Donald Trump a ravivé ces critiques, estimant que le retour de Nouri al-Maliki ferait replonger l’Irak «dans la pauvreté et le chaos», et menaçant de suspendre l’aide américaine à ce pays du Golfe.
Dans une réaction publiée sur le réseau X, l’ancien Premier ministre irakien a dénoncé une violation du processus démocratique instauré après l’invasion américaine de 2003. Il a assuré qu’il continuerait à agir « dans l’intérêt suprême du peuple irakien », rejetant toute influence étrangère dans les choix politiques du pays.
Samedi, Nouri al-Maliki a reçu le soutien du Cadre de coordination, la principale alliance chiite irakienne, majoritaire au Parlement et réputée proche de Téhéran, ce qui a immédiatement suscité l’inquiétude de Washington.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a mis en garde contre la formation d’un gouvernement pro-iranien, évoquant un risque pour la stabilité régionale.
Selon plusieurs sources citées par l’AFP, le Cadre de coordination doit prochainement se réunir afin d’évaluer les conséquences des déclarations américaines. En coulisses, des diplomates et responsables américains tenteraient d’empêcher la nomination de Nouri al-Maliki, tandis que ses partisans appellent à maintenir le cap.
Le futur Premier ministre devra composer avec un environnement régional instable et répondre à une exigence clé de Washington à savoir le désarmement des factions armées soutenues par l’Iran. Un dossier sensible, alors que les États-Unis disposent d’un levier majeur sur l’économie irakienne en contrôlant une partie des revenus pétroliers du pays.

