Le président russe Vladimir Poutine a reçu mercredi 28 janvier au Kremlin, son homologue syrien, Ahmed al-Charaa pour un déjeuner de travail, selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Il s’agit de la deuxième rencontre entre les deux dirigeants en l’espace de quatre mois, signe d’un dialogue politique, soutenu malgré les profondes recompositions en cours en Syrie.
S’exprimant devant la presse à l’issue de l’entretien, Vladimir Poutine a salué les progrès réalisés «en matière de restauration des relations interétatiques» entre Moscou et Damas.
Ahmed al-Charaa a, pour sa part, souligné le rôle joué par la Russie au cours de l’année écoulée, estimant que ses positions avaient contribué à préserver «l’unité du territoire syrien» et la stabilité non seulement du pays, mais de l’ensemble de la région moyen-orientale.
Les deux dirigeants ont toutefois évité d’aborder publiquement plusieurs dossiers sensibles, notamment la demande d’extradition formulée par Damas concernant l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, réfugié en Russie depuis sa chute à Damas, ainsi que la question de la présence militaire russe en Syrie.
Dmitri Peskov avait néanmoins indiqué en amont, que ces sujets figuraient à l’ordre du jour des entretiens Poutine-al-Charaa, aux côtés de la coopération économique et d’un échange sur la situation régionale.
La rencontre des dirigeants russe et syrien intervient dans un contexte marqué par les inquiétudes occidentales face à une possible résurgence des groupes jihadistes en Syrie, en particulier de l’organisation État islamique (EI).
La délégation syrienne conduite par le président Ahmed al-Charaa, a été par ailleurs, accueillie par de hauts responsables russes, dont les ministres Sergueï Lavrov et Andreï Belooussov, ainsi que le chef du renseignement militaire, le général Igor Kostioukov.
Sur le terrain, la Russie a récemment retiré ses forces et ses équipements de l’aéroport de Qamichli, dans le Nord-est syrien, où elle était présente depuis 2019 dans le cadre d’un accord avec la Turquie.
Moscou conserve des relations pragmatiques avec le nouveau pouvoir syrien. Mais l’offensive de Damas contre les zones contrôlées par les « «Forces Démocratiques Syriennes» (FDS – armée kurde) fait planer de lourdes incertitudes sécuritaires sur le pays, notamment autour des camps et prisons abritant d’anciens combattants de l’EI, suscitant l’inquiétude persistante des puissances occidentales.

