Les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres de l’Union européenne (UE) ont convenu ce jeudi 29 janvier, d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes de l’UE.
Cette décision intervient dans le contexte de la répression meurtrière des manifestations anti-gouvernementales en Iran et marque un tournant politique majeur dans les relations entre Bruxelles et Téhéran.
« La répression ne peut rester sans réponse », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur le réseau social X, en marge de la réunion tenue à Bruxelles. « Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte », a-t-elle ajouté, soulignant la gravité des violations des droits humains reprochées aux autorités iraniennes.
Outre cette désignation symboliquement forte, les Vingt-Sept ont décidé d’imposer de nouvelles sanctions contre plusieurs responsables iraniens directement impliqués dans la répression des manifestations, parmi lesquels figure notamment le ministre de l’Intérieur.
L’Union européenne entend également sanctionner le rôle de Téhéran dans le soutien militaire apporté à la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, notamment via la fourniture de drones.
Le classement des Gardiens de la révolution, force d’élite placée sous l’autorité directe du guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, aux côtés d’organisations comme l’État islamique ou Al-Qaïda, constitue une rupture nette avec l’approche jusque-là privilégiée par l’UE, fondée sur le dialogue diplomatique et la préservation de canaux de discussion ouverts avec l’Iran.
Cette décision a nécessité l’unanimité des États membres, longtemps difficile à obtenir. La France, aux côtés de l’Allemagne et du Royaume-Uni au sein du format dit « E3 » engagé dans les négociations sur le programme nucléaire iranien, s’était montrée réticente à une telle mesure. Paris a toutefois annoncé, la semaine précédente, son ralliement à cette position.
Créés à la suite de la révolution islamique de 1979 pour garantir la survie du régime théocratique, les Gardiens de la révolution ont progressivement étendu leur influence, supervisant les programmes nucléaire et balistique de l’Iran, tous deux sous sanctions internationales, tout en jouant un rôle central dans l’appareil militaire, l’économie du pays et le régime iranien.

