La présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a annoncé vendredi la dissolution du Parlement, après l’échec des députés à élire un nouveau chef de l’État dans le délai fixé par la Constitution. Cette décision ouvre la voie à de nouvelles élections anticipées dans un contexte de blocage politique persistant au sein de l’Assemblée.
Lors d’une conférence de presse, la cheffe de l’État a expliqué que les dernières tentatives menées jeudi soir au Parlement pour élire un nouveau président n’avaient pas abouti. Elle a qualifié cette impasse institutionnelle de « grande malchance pour l’État », soulignant qu’elle était contrainte d’appliquer strictement les dispositions constitutionnelles.
Le mandat présidentiel de cinq ans de Vjosa Osmani doit arriver à son terme le 4 avril. Selon l’article 86 de la Constitution, un nouveau président devait être élu au plus tard trente jours avant l’expiration du mandat en cours, soit avant le 5 mars. Toutefois, les discussions parlementaires n’ont pas permis de dégager une majorité suffisante.
Le parti du Premier ministre Albin Kurti, le Mouvement d’Autodétermination (Vetevendosje), n’est pas parvenu à convaincre l’opposition de soutenir son candidat, Glauk Konjufca. Les formations d’opposition avaient de leur côté plaidé pour la désignation d’une personnalité consensuelle.
La présidente du Parlement, Albulena Haxhiu, a indiqué lors d’une séance tardive que les conditions nécessaires au vote n’étaient pas réunies. Seuls 66 députés étaient présents dans l’hémicycle, alors que le règlement exige la participation d’au moins 80 parlementaires pour procéder à l’élection.
Face à l’impasse, l’Assemblée a saisi la Cour constitutionnelle afin d’examiner la conformité du processus électoral présidentiel avec la Constitution et a demandé la suspension temporaire du délai constitutionnel dans l’attente d’une décision.
Lors de la même session, une proposition de réforme constitutionnelle visant à instaurer l’élection du président au suffrage universel direct a également été évoquée, sans toutefois recueillir le soutien nécessaire.
La présidente Osmani devrait désormais entamer des consultations avec les dirigeants des principaux partis politiques afin de fixer la date de nouvelles élections générales anticipées, dans un pays déjà marqué par une succession récente de scrutins, après les élections législatives de février 2025 et les élections anticipées de décembre de la même année.

