Le président serbe, Aleksandar Vucic a reconnu jeudi 12 mars, que son pays disposait de missiles de croisière supersoniques sol-sol de fabrication chinoise, à la suite de la diffusion sur internet de photographies montrant ces armes fixées sous des avions de chasse serbes.
Ces images, apparues en début de semaine sur les réseaux sociaux et plusieurs blogs spécialisés dans les questions de défense, ont rapidement suscité de nombreuses interrogations dans la région.
Les clichés semblent montrer des missiles CM-400 AKG, un modèle produit par la Chine et destiné principalement à l’exportation. Ces engins apparaissent montés sous des Mig-29, des avions de combat d’origine russe utilisés par l’armée de l’air serbe. Selon plusieurs experts militaires, ce missile est considéré comme la version exportée du YJ-12 chinois et serait capable d’atteindre une vitesse proche du régime hypersonique.
Interrogé sur ces révélations lors d’une intervention à la télévision nationale serbe, Aleksandar Vucic n’a pas démenti l’information. « Nous possédons des choses que nous ne montrons pas », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la Serbie disposait « d’un nombre important » de ces missiles et qu’elle comptait encore renforcer cet arsenal. Le chef de l’État s’est toutefois gardé de fournir davantage de précisions, se contentant de qualifier ces équipements d’« extrêmement coûteux » et « extrêmement efficaces ».
La Serbie, candidate à l’adhésion à l’Union européenne, demeure l’un des rares pays des Balkans occidentaux à ne pas être membre de l’OTAN. Belgrade justifie ses investissements militaires par sa volonté de préserver une position de neutralité stratégique. Ces dernières années, le pays a consacré des ressources importantes à la modernisation de ses forces armées.
Parmi les acquisitions les plus récentes figure notamment une commande de douze avions de chasse Rafale de fabrication française, pour un montant estimé à 2,7 milliards d’euros. Parallèlement, la Serbie entretient des relations militaires étroites avec la Russie, auprès de laquelle elle a déjà acquis plusieurs systèmes d’armement.
Dans une région marquée par les conflits des années 1990, la révélation de ces nouveaux équipements militaires a suscité des réactions dans les pays voisins. Le Premier ministre croate, Andrej Plenkovic, a annoncé son intention d’alerter l’OTAN au sujet de ce nouvel armement intégré à l’arsenal serbe. Malgré ces inquiétudes, Aleksandar Vucic a assuré que Belgrade entretenait de bonnes relations avec l’Alliance atlantique, affirmant que toutes les mesures prises par son gouvernement visaient avant tout à garantir la sécurité et la défense du pays.

