L’inflation repart à la hausse dans la zone euro

L’inflation s’est à nouveau accélérée en avril dans la zone euro, atteignant 3 % contre 2,6 % en mars, soit son niveau le plus élevé depuis septembre 2023, selon les données publiées jeudi par Eurostat. 

Cette progression intervient alors que la croissance économique demeure quasi atone, avec une hausse limitée à 0,1 % au premier trimestre, défiant les anticipations des analystes.

Ces chiffres tombent en pleine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), confrontée à un environnement économique de plus en plus incertain. 

La montée des tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, perturbe les marchés énergétiques. La fermeture partielle de ce passage stratégique, par lequel transite près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, a entraîné une hausse marquée des prix de l’énergie, ravivant les pressions inflationnistes.

Dans le même temps, les indicateurs conjoncturels se dégradent. Les indices PMI signalent une contraction de l’activité en avril, une première en seize mois, tandis que les conditions de crédit se sont nettement durcies début 2026, traduisant une prudence accrue des établissements bancaires. 

Les anticipations d’inflation des ménages à un an ont bondi à 4 % en mars, contre 2,5 % le mois précédent, selon une enquête de la BCE, même si celles à cinq ans restent proches de l’objectif de 2 %.

Pour Carsten Brzeski, la situation actuelle s’apparente à un « choc stagflationniste », combinant ralentissement économique et hausse des prix. Dans ce contexte, plusieurs analystes, dont Ludovic Subran, estiment que la BCE devrait temporiser. Le taux de dépôt devrait ainsi être maintenu à 2 %.

À l’international, la Réserve fédérale des États-Unis a conservé ses taux dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % et la Banque d’Angleterre pourrait suivre une trajectoire similaire. Les marchés anticipent néanmoins une possible hausse des taux en zone euro dès juin prochain, en fonction de l’évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses répercussions sur l’économie mondiale.