La Guérilla de l’EMC invoque une «erreur» après l’attentat ayant décimé 21 civils en Colombie

La Colombie est secouée par une nouvelle flambée de violence après l’attentat meurtrier survenu samedi dans le département du Cauca. 

Mardi 28 avril, l’État-major central (EMC), principale dissidence des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie, a reconnu sa responsabilité dans l’explosion qui a coûté la vie à 21 civils et fait 56 blessés. Le groupe armé évoque toutefois une «erreur tactique», exprimant «une profonde douleur» dans un communiqué.

L’explosion, provoquée par une bombe de forte puissance, s’est produite sur la route Panaméricaine reliant Cali à Popayán, alors que de nombreux civils circulaient ou étaient immobilisés dans leurs véhicules. Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre des civils depuis plus de deux décennies dans le pays.

Selon des sources militaires, les rebelles auraient mis en place un faux barrage afin d’attirer les forces de sécurité dans une embuscade. Le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, estime que cette action s’inscrit dans une stratégie de représailles face aux opérations militaires intensifiées dans cette région, bastion historique des groupes armés et zone clé de culture de coca.

Les autorités ont annoncé l’arrestation d’un chef local affilié à l’EMC, tandis que José Vitonco, alias « Mi Pez », est désigné comme principal responsable de l’attaque. De son côté, le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a appelé à la protection des civils et à la cessation immédiate des violences.

À l’approche de l’élection présidentielle du 31 mai, le climat politique se tend. Le président Gustavo Petro dénonce une tentative de « sabotage » du processus électoral, tandis que les opposants accusent le gouvernement de laxisme face aux groupes armés.

Parallèlement, une crise diplomatique émerge avec l’Équateur. Gustavo Petro accuse son homologue Daniel Noboa d’ingérence, tandis que ce dernier évoque une incursion de guérilleros à la frontière. Ces accusations croisées accentuent les tensions régionales dans un contexte déjà hautement instable.