Le Guyana a affirmé, lundi, que le différend territorial qui l’oppose au Venezuela devant la Cour internationale de justice (CIJ) constitue une question « d’importance existentielle» pour ce petit État d’Amérique du Sud.
Le litige territorial concerne l’Essequibo, une région de 160.000 km² riche en ressources pétrolières, représentant près des deux tiers du territoire guyanien.
Les audiences sur le fond, ouvertes à La Haye, doivent se poursuivre jusqu’au 11 mai. Elles portent notamment sur la validité de la sentence arbitrale de 1899, qui avait fixé la frontière entre les deux pays durant l’époque coloniale britannique. Georgetown, la capitale de la Guyana qui administre l’Essequibo depuis plus d’un siècle, demande à la juridiction internationale de confirmer ce tracé.
Prenant la parole devant les juges, le ministre guyanien des Affaires étrangères, Hugh Hilton Todd a insisté sur les enjeux cruciaux de ce dossier. Il a souligné que «cette affaire engage plus de 70 % de notre territoire souverain», évoquant le risque d’un démembrement national aux conséquences humaines et territoriales majeures.
Le Venezuela, bien qu’ayant participé aux audiences, continue de contester la compétence de la CJI. Caracas s’appuie sur un accord signé en 1966 avec le Royaume-Uni et revendique comme frontière naturelle le fleuve Essequibo, bien à l’Est de la ligne actuelle. Selon Georgetown, ces contestations interviennent « un siècle trop tard » pour être juridiquement recevables.
Les tensions se sont intensifiées depuis la découverte en 2015, d’importants gisements pétroliers par ExxonMobil, faisant du Guyana l’un des pays disposant des plus importantes réserves du brut par habitant.
La Cour avait déjà ordonné à Caracas, fin 2023 puis en mai 2025, de s’abstenir de toute action susceptible de modifier la situation dans la zone contestée, notamment l’organisation d’élections. Des injonctions restées lettres mortes, le Venezuela ayant maintenu ses initiatives sur le territoire.
Dans ce contexte, les déclarations répétées de l’ex-président vénézuélien, Nicolás Maduro (capturé début janvier 2026 par des forces spéciales américaines et conduit aux États-Unis) en faveur d’une annexion, ont ravivé les craintes d’une escalade entre les deux pays.
Le président guyanien Irfaan Ali a récemment indiqué que son pays restait en état d’alerte face à ce qu’il qualifie de «menace persistante» du côté vénézuélien.

