Le Premier ministre roumain, Ilie Bolojan sera l’objet ce mardi, d’une motion de censure initiée par les sociaux-démocrates du PSD avec le soutien de l’extrême-droite, une alliance controversée qui pourrait précipiter le pays dans une nouvelle crise politique majeure. Le vote, attendu ce mardi dans l’après-midi, s’annonce déterminant pour l’avenir de l’exécutif actuellement au pouvoir.
Cette convergence entre le PSD et l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) suscite de vives critiques au sein des forces démocratiques. Nombre d’observateurs dénoncent une stratégie risquant de légitimer une formation longtemps marginalisée. Selon le politologue Costin Ciobanu, cette coopération confère à l’AUR un statut inédit d’acteur central sur la scène politique nationale.
Portée par une popularité croissante, l’AUR atteint désormais 37 % d’opinions favorables dans les derniers sondages, surpassant le PSD, pourtant premier groupe parlementaire avec 130 sièges issus des élections de 2025.
Le PSD a quitté la coalition gouvernementale il y a deux semaines, en réaction aux mesures d’austérité adoptées par le Premier ministre, Ilie Bolojan pour contenir un déficit budgétaire record au sein de l’Union européenne. Cette rupture a fragilisé un exécutif déjà issu de longues négociations en juin 2025, après une période d’instabilité marquée par l’annulation de l’élection présidentielle de novembre 2024.
Sur le plan économique, les conséquences se font déjà sentir : hausse des taux d’intérêt et dépréciation de la monnaie nationale, l’euro atteignant un niveau historique.
Le président Nicusor Dan a réaffirmé la volonté de maintenir le cap pro-européen du pays, quelle que soit l’issue du vote. Toutefois, en cas de chute du gouvernement, des négociations longues et complexes sont attendues, possiblement pour reformer une coalition sans Ilie Bolojan.
Dans ce climat d’incertitude, le PSD apparaît fragilisé, tiraillé entre un repositionnement stratégique et l’érosion électorale au profit de l’extrême-droite, tandis que la Roumanie reste sous surveillance de l’Union européenne (UE) en raison de son déficit excessif.

