La Slovénie a rejoint mercredi l’Espagne dans son appel à une mobilisation de l’Union européenne (UE) pour protéger l’indépendance de la Cour pénale internationale (CPI) et des Nations unies, dans un contexte de tensions croissantes autour des procédures engagées contre les commanditaires des crimes de guerre commis contre les civils palestiniens dans la bande de Gaza.
Le Premier ministre slovène, Robert Golob a exprimé son soutien à l’initiative portée par son homologue espagnol, Pedro Sánchez, en faveur d’une réponse européenne coordonnée visant à préserver les institutions internationales de toute pression politique extérieure dans l’exercice de leur mission.
Dans un communiqué publié sur la plateforme X par le gouvernement slovène, Robert Golob a estimé que « la réponse de l’Europe jusqu’à présent n’a pas été à la hauteur de la gravité de la situation».
Le dirigeant slovène a insisté sur la nécessité d’une réaction rapide de l’UE, afin de défendre les principes fondamentaux du droit international et de l’État de droit.
«Les valeurs européennes fondamentales ne peuvent avoir de prix. L’indépendance des juridictions internationales n’est pas négociable », a-t-il soutenu, mettant également en garde contre les menaces pesant sur le système judiciaire international.
Plus tôt dans la journée, Pedro Sánchez avait demandé à la Commission européenne d’activer le «règlement de blocage», un mécanisme juridique européen destiné à empêcher les entreprises et institutions de l’Union de se conformer à des sanctions extraterritoriales imposées par des pays tiers et à leur tête les États-Unis.
Le chef du gouvernement espagnol a affirmé que cette mesure permettrait de « protéger l’indépendance de la Cour pénale internationale et l’Organisation des Nations Unies ainsi que leurs efforts pour mettre fin au génocide à Gaza ». Dans un message publié sur X, il a dénoncé les sanctions visant les acteurs de la justice internationale, estimant qu’elles menacent «l’ensemble du système des droits humains».
L’an dernier, les États-Unis avaient imposé des sanctions à l’encontre de responsables de la CPI, y compris certains magistrats, à la suite de procédures engagées dans des affaires liées à des crimes de guerre et les crimes contre l’humanité imputés à de hauts dirigeants israéliens accusés de génocide dans la bande de Gaza. Cette décision avait suscité de vives réactions au sein de plusieurs capitales européennes et d’organisations de défense des droits humains.

