L’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra a recouvré la liberté lundi matin après huit mois de détention, ravivant immédiatement les spéculations sur un possible retour au premier plan de cette figure majeure de la vie politique thaïlandaise.
Âgé de 76 ans, le magnat des télécommunications, condamné pour corruption, bénéficie d’une libération conditionnelle assortie d’un bracelet électronique durant quatre mois de probation.
À sa sortie de prison, l’ex-chef du gouvernement a été accueilli par des proches et plusieurs centaines de sympathisants vêtus de rouge, couleur emblématique de son mouvement politique.
Certains scandaient « Nous aimons Thaksin », témoignant d’une fidélité intacte malgré des années d’exil et de controverses judiciaires. « J’ai hiberné pendant huit mois », a déclaré l’ancien dirigeant devant son domicile de Bangkok, se disant soulagé de retrouver la liberté.
Fondateur de la dynastie politique des Shinawatra, Thaksin demeure une personnalité centrale de la scène thaïlandaise. Son parti, le Pheu Thai, soutenu historiquement par les populations rurales, a profondément marqué la politique du royaume au cours des deux dernières décennies, malgré une opposition persistante des élites conservatrices proches de l’armée et de la monarchie.
Renversé par un coup d’État militaire en 2006, Thaksin avait vécu quinze années en exil avant son retour en Thaïlande en 2023. Initialement condamné à huit ans de prison pour corruption et abus de pouvoir, il avait finalement vu sa peine réduite à un an suite à une grâce royale. Son transfert dans une chambre privée d’hôpital avait toutefois suscité une vive polémique et alimenté les accusations de traitement privilégié.
Alors que le parti Pheu Thai traverse une période d’affaiblissement électoral, plusieurs analystes estiment que la libération de Thaksin pourrait redynamiser temporairement le parti. Reste à savoir si l’ancien dirigeant choisira la discrétion ou tentera de reprendre une influence directe sur l’avenir politique du pays.

