La Lituanie enquête sur une fuite de données impliquant des centaines de milliers de données publiques

Les autorités lituaniennes ont ouvert une enquête sur une fuite de données d’envergure impliquant plus de 600 000 enregistrements issus du système national des registres publics, sur fond de soupçons d’ingérence étrangère, selon des informations relayées lundi par les médias locaux.

D’après le radiodiffuseur public LRT, les procureurs examinent un accès non autorisé au Centre des registres, organisme public chargé de la gestion des données immobilières et personnelles. L’enquête porte notamment sur plusieurs connexions suspectes et tentatives d’intrusion effectuées depuis l’étranger, via des infrastructures administrées par d’autres institutions.

À ce stade, les autorités n’ont pas identifié le pays potentiellement impliqué dans cette opération. Le directeur du Centre des registres, Adrijus Jusas, a précisé que les données compromises incluent des extraits du registre immobilier ainsi que des numéros d’identification personnels. Il a toutefois assuré que certaines informations sensibles, telles que les coordonnées téléphoniques, les adresses électroniques, les données bancaires ou encore les documents judiciaires, n’avaient pas été affectées.

Selon le média 15min, la faille pourrait avoir été facilitée par des comptes liés au département des migrations, soulevant des interrogations sur les vulnérabilités internes du système.

L’affaire suscite de vives inquiétudes en matière de sécurité nationale. Le chef de l’opposition conservatrice, Laurynas Kasiunas, a averti que les données exposées pourraient concerner des profils sensibles, incluant agents du renseignement, militaires, diplomates ou responsables politiques. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a estimé que l’incident portait « les marques » d’une opération attribuable aux services de renseignement russes.

Le parquet général n’a, pour sa part, ni confirmé ni infirmé cette hypothèse, se refusant à désigner un État responsable à ce stade de l’enquête.

Sur le plan politique, la pression s’accentue sur Adrijus Jusas, dont la démission a été réclamée par la Première ministre Inga Ruginiene et le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Edvinas Griksas. Le responsable a indiqué qu’il aborderait son avenir lors d’une réunion avec les autorités compétentes, tout en affirmant que la stabilité du système des registres demeure sa priorité.