Des drones ukrainiens ont visé mercredi matin plusieurs infrastructures énergétiques et militaires dans la ville russe de Saint-Pétersbourg, au moment même où s’ouvrait le Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), l’un des événements les plus importants de l’agenda économique russe.
Selon les autorités russes et ukrainiennes, les frappes ont notamment touché un terminal pétrolier ainsi que la base militaire de Kronstadt. Le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, a fait état de dégâts sur plusieurs infrastructures, sans signaler de victimes. Les attaques ont toutefois provoqué la fermeture temporaire du principal aéroport de la ville durant plusieurs heures.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky a revendiqué l’opération, la présentant comme une nouvelle étape de la stratégie ukrainienne de «sanctions à longue portée» contre les capacités militaires et énergétiques de la Russie. Il a précisé sur les réseaux sociaux, que ces actions visaient à «rapprocher la paix», diffusant des images montrant un dépôt pétrolier en flammes.
Ces frappes interviennent au lendemain d’une importante vague d’attaques russes contre l’Ukraine, ayant fait 23 morts selon Kiev. Elles s’inscrivent dans un contexte d’escalade des opérations de représailles menées par les deux camps.
Dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie, les autorités locales ont également annoncé la mort de sept personnes dans une attaque de drones ayant ciblé un autobus circulant entre Moscou et la Crimée.
L’ouverture du SPIEF s’est ainsi déroulée dans un climat inhabituellement tendu. Plusieurs participants ont été accueillis par d’importants panaches de fumée visibles à proximité du centre des conférences. Longtemps considéré comme le « Davos russe », le forum rassemble cette année près de 20.000 invités issus de 130 pays. Le président russe, Vladimir Poutine doit y prononcer un discours vendredi.
Depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine en 2022, l’événement reflète également le repositionnement diplomatique de Moscou. La Russie y met désormais en avant ses partenariats avec les pays du Sud et ses alliés traditionnels, tandis que la présence occidentale s’est fortement réduite.

