Le Pakistan mène de nouvelles frappes meurtrières sur l’Afghanistan

Le Pakistan a mené, dans la nuit de mardi à mercredi, une nouvelle série de frappes aériennes sur le territoire afghan, les plus meurtrières enregistrées depuis plusieurs semaines. Islamabad affirme avoir ciblé des positions du mouvement Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), tandis que les autorités talibanes afghanes dénoncent des attaques ayant causé la mort de plusieurs civils, dont de nombreux enfants.

Selon le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, l’opération visait des « repaires terroristes » situés le long de la frontière afghano-pakistanaise. Islamabad affirme avoir éliminé 26 combattants du TTP et détruit quatre objectifs stratégiques, parmi lesquels un camp d’entraînement et plusieurs caches d’armes. Les autorités pakistanaises justifient cette intervention par la recrudescence récente des attaques attribuées au groupe armé sur leur territoire.

De son côté, le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a accusé l’armée pakistanaise d’avoir violé l’espace aérien afghan et bombardé des zones habitées dans les provinces de Khost, Kunar et Paktika. Selon Kaboul, les frappes ont coûté la vie à au moins 13 civils, dont 11 enfants.

Dans la province de Khost, une habitation du district de Spera a été entièrement détruite. Des responsables locaux et plusieurs témoins ont indiqué qu’au moins neuf personnes avaient été tuées et une dizaine d’autres blessées. Les habitants présents sur les lieux affirment que les victimes appartenaient à une famille civile sans lien avec des groupes armés.

Une autre frappe signalée dans le district de Barmal, dans la province voisine de Paktika, aurait fait trois morts, également parmi les enfants.

Ces bombardements interviennent après plusieurs semaines d’accalmie relative le long de la frontière commune. Les relations entre Islamabad et Kaboul demeurent toutefois profondément dégradées depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021. Le Pakistan accuse régulièrement l’Afghanistan d’abriter des combattants du TTP, une accusation rejetée par les autorités afghanes. La fermeture persistante de nombreux points de passage frontaliers continue par ailleurs de peser lourdement sur les échanges commerciaux entre les deux pays.