Cuba a entamé, mardi soir, le rétablissement progressif de son réseau électrique après une troisième panne générale en moins de dix jours, illustrant l’ampleur de la crise énergétique qui frappe l’île.
Le nouvel incident intervient dans un contexte marqué par une pénurie persistante de carburant, des infrastructures vieillissantes et un durcissement des tensions de la Havane avec les États-Unis.
Selon l’Union électrique de Cuba (UNE), la coupure a été provoquée par une « oscillation » du système électrique, consécutive à la mise hors service soudaine d’une centrale thermoélectrique. Cette défaillance a entraîné un déséquilibre brutal entre la production et la demande, provoquant l’effondrement du réseau national. Mardi, vers 20 heures (heure locale), seuls 11,5 % des foyers de La Havane, la capitale cubaine abritant près de 1,7 million d’habitants, avaient eu accès à l’électricité.
Il s’agit de la cinquième panne nationale du réseau électrique, enregistrée depuis le début de l’année et de la troisième depuis le début de ce mois de juillet. Les précédents blackouts avaient nécessité plus de 24 heures pour un retour complet à la normale, tandis que les délestages prolongés demeurent une réalité quotidienne.
Ces dernières semaines, certaines zones de La Havane ont été privées d’électricité pendant plus de 30 heures consécutives, alors que plusieurs provinces ont subi des coupures durant plusieurs jours, malgré les investissements engagés dans le développement de parcs solaires.
Face à cette situation, le mécontentement populaire s’intensifie. Dans plusieurs quartiers, des habitants ont manifesté leur colère en frappant sur des casseroles ou en incendiant des tas d’ordures pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie.
Lors d’une conférence de presse, le ministre cubain de l’Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a attribué cette crise à la vétusté du système électrique, aggravée, selon lui, par les restrictions américaines sur les livraisons de carburant et de pièces de rechange. Il a évoqué une « absence totale de carburant », affirmant que cette situation compromet le fonctionnement des groupes électrogènes, essentiels au soutien des sept centrales thermoélectriques du pays.
Depuis le début de l’année, un seul pétrolier russe transportant 100.000 tonnes de pétrole brut a été autorisé à accoster à Cuba, don les réserves sont aujourd’hui quasi-épuisées. Cette crise énergétique s’inscrit dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre La Havane et Washington, alors que les discussions engagées entre les deux pays n’ont, à ce stade, enregistré aucune avancée significative.

