La justice népalaise condamne deux anciens ministres pour une escroquerie liée à un faux programme de réinstallation de réfugiés

La justice népalaise a condamné, mardi, deux anciens membres du gouvernement dans une vaste affaire de fraude liée à un réseau de faux réfugiés bhoutanais, un scandale qui a profondément marqué la vie politique du pays. 

L’ancien vice-Premier ministre, Top Bahadur Rayamajhi a été condamné à quatre ans de prison et à une amende de 40.000 roupies népalaises (environ 228 euros), tandis que l’ancien ministre de l’Intérieur, Bal Krishna Khand a écopé de deux ans d’emprisonnement assortis d’une amende de 20.000 roupies (près de 114 euros).

Les peines ont été annoncées par le tribunal de district de Katmandou, selon son chargé de communication, Shiva Katiwada. Dans un verdict rendu la semaine précédente, Top Bahadur Rayamajhi a été reconnu coupable d’atteinte aux intérêts de l’État, de fraude et de crime organisé et Bal Krishna Khand a, pour sa part, été condamné pour complicité dans cette affaire.

Le dossier trouve son origine dans l’histoire des réfugiés bhoutanais d’origine népalaise, connus sous le nom de Lhotsampas. Au début des années 1990, plus de 100.000 personnes avaient fui le Bhoutan après l’adoption de mesures imposant le port du costume national et restreignant l’usage de la langue népalaise. Cette politique placée sous le signe : «Une nation, un peuple», avait entraîné la privation d’une partie importante de cette communauté de ses droits civiques.

Installés pendant des années dans des camps de réfugiés au Népal, ces exilés ont ensuite bénéficié d’un programme international de réinstallation, mené entre 2007 et 2018, qui a permis à des milliers d’entre eux de s’établir aux États-Unis, en Europe, en Australie et dans d’autres pays.

Selon les enquêteurs, le réseau de fraude a émergé après la clôture de ce programme. Les anciens responsables, avec d’autres complices, auraient extorqué d’importantes sommes d’argent à des citoyens népalais en leur promettant de les faire passer pour des réfugiés bhoutanais afin de faciliter leur départ vers des pays tiers.

D’après les médias locaux, plusieurs centaines de personnes auraient été victimes de cette escroquerie. Les plaignants affirment avoir versé d’importantes sommes d’argent sans jamais obtenir les documents ou les démarches promises, faisant de cette affaire l’un des plus importants scandales politico-judiciaires qu’ait connus le Népal ces dernières années.