Les États-Unis ont annoncé, mercredi, l’instauration de 25 % de droits de douane sur une partie des importations en provenance du Brésil, à l’issue d’une enquête confirmant l’existence de pratiques commerciales jugées déloyales dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment le commerce numérique et les services de paiement électronique.
Dans un communiqué, le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a indiqué que cette décision fait suite à une enquête menée pendant un an en vertu de la section 301 du Trade Act de 1974, un mécanisme qui autorise Washington à enquêter sur les politiques étrangères considérées comme discriminatoires ou préjudiciables aux intérêts commerciaux des Etats-Unis et à adopter des mesures de rétorsion.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a souligné que les discussions engagées avec les autorités brésiliennes n’avaient pas permis de résoudre les différends identifiés, assurant toutefois que les États-Unis demeuraient ouverts à la poursuite du dialogue afin de parvenir à des réformes attendues de longue date du côté brésilien.
Selon un haut responsable de l’administration américaine, ayant requis l’anonymat, l’enquête a établi que certaines décisions des tribunaux brésiliens visant des entreprises technologiques américaines constituaient des obstacles commerciaux. Les autorités américaines reprochent notamment à la justice brésilienne d’avoir ordonné, sous le sceau du secret, la suppression de contenus politiques, la suspension de comptes d’utilisateurs au Brésil et l’interdiction faite aux plateformes concernées de révéler l’existence de ces injonctions.
Washington estime également que le Brésil favorise de manière injustifiée le système de paiement Pix, géré par la Banque centrale du Brésil, au détriment des prestataires américains de services de paiement électronique. Les États-Unis accusent également Brasilia d’accorder un traitement tarifaire préférentiel à l’Inde et au Mexique sans offrir des conditions similaires aux exportateurs américains.
Malgré ces nouvelles mesures, plusieurs produits brésiliens ont été exclus des droits de douane, notamment les oranges, le jus d’orange, certains produits énergétiques ainsi que diverses pièces destinées à l’industrie aérospatiale.
L’enquête a également porté sur la protection de la propriété intellectuelle, la lutte contre la corruption, l’accès au marché de l’éthanol et les politiques de lutte contre la déforestation illégale.

