La Belgique a annoncé l’injection d’un investissement de plus de 200 millions d’euros destiné dans le développement de sa première constellation nationale de satellites militaires, un projet stratégique visant à renforcer l’autonomie du pays en matière de renseignement spatial et à réduire sa dépendance vis-à-vis des capacités étrangères.
En déplacement aux États-Unis, le ministre belge de la Défense, Theo Francken a confié aux quotidiens De Tijd et L’Echo que le programme comprendra «plusieurs dizaines» de satellites, dont la mise en service progressive devrait aboutir à une pleine capacité opérationnelle d’ici 2030.
À l’heure actuelle, la Belgique s’appuie sur les satellites militaires français pour obtenir des images stratégiques. Selon le ministre Francken, cet accès demeure limité à quelques minutes par jour, une contrainte qui réduit drastiquement les capacités d’observation et de réaction des autorités belges, assurant que la future constellation satellitaire permettra à la Belgique de disposer d’un accès continu aux données d’imagerie satellitaire, améliorant ainsi ses capacités de surveillance et d’analyse.
Le projet sera placé sous la supervision du Centre de sécurité spatiale de l’armée de l’air belge, chargé de coordonner les activités spatiales militaires du pays. Le service de renseignement militaire ADIV participera également au développement et à l’exploitation du système, dans le cadre d’une coopération étroite entre les différentes structures de la Défense.
Theo Francken a précisé que plusieurs entreprises belges pourraient prendre part à l’appel d’offres, notamment Aerospacelab, constructeur wallon spécialisé dans les technologies satellitaires. Cette participation devrait contribuer au développement de l’industrie spatiale nationale et au renforcement des compétences technologiques du pays.
En revanche, les lancements des satellites seront confiés à des opérateurs étrangers, la Belgique ne dispose pas, pour l’instant, de base de lancement spatiale. Des entreprises internationales, telles que SpaceX, figurent parmi les candidats potentiels pour assurer cette phase du programme.
Le ministre a enfin souligné que les données recueillies par la future constellation ne bénéficieront pas uniquement à la Belgique, mais pourront également être mises à disposition de partenaires, renforçant ainsi les capacités de coopération avec des pays amis dans les domaines de la défense, du renseignement et de la sécurité européenne.
