La Malaisie lance une première opération de rapatriement de 1.500 ressortissants birmans vers leur pays d’origine

La Malaisie a commencé mardi le rapatriement d’environ 1.500 ressortissants birmans détenus dans le pays, première étape d’un programme portant sur quelque 5.000 personnes. Présentée par Kuala Lumpur comme une opération « volontaire », la mesure suscite de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains, en raison de la situation sécuritaire en Birmanie.

Des dizaines de bus escortés par la police sont arrivés dans un stade situé près de la base navale de Lumut, dans le nord-ouest de la Malaisie, selon des journalistes de l’AFP. Les personnes concernées devaient être enregistrées avant leur transfert vers la base navale, puis leur acheminement par bateau vers la Birmanie. Les autorités n’ont pas précisé combien de Rohingyas figuraient parmi les personnes rapatriées.

La Malaisie affirme que les intéressés ont accepté leur retour depuis des centres de détention. Des associations estiment toutefois que les conditions de détention ont pu peser sur leur décision, tandis que l’ONU juge que les conditions actuelles en Birmanie ne permettent pas un retour sûr et durable des réfugiés.

La question est particulièrement sensible pour les Rohingyas, minorité musulmane persécutée en Birmanie. Ils représentent environ les deux tiers des quelque 193.000 réfugiés birmans accueillis en Malaisie, selon les données de l’ONU. Leur retour reste controversé, alors que les violences se poursuivent notamment dans l’État de Rakhine.

Plus de 160 organisations de la société civile avaient appelé la semaine dernière Kuala Lumpur à suspendre les expulsions et à engager des consultations sur la situation en Birmanie. Le secrétaire général de l’ONU et ses représentants ont également insisté sur la nécessité de réunir les conditions d’un retour volontaire, sûr, digne et durable.

La Birmanie est plongée dans un conflit armé depuis le coup d’État militaire de 2021. La Malaisie, qui n’est pas signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, détenait plus de 10.000 ressortissants birmans à la mi-août, selon son ministère de l’Intérieur.