L’UE plaide pour une résilience face à la flambée des prix de l’énergie

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen a appelé mardi dernier, les États membres et le Parlement européen à renforcer la résilience énergétique de l’Union européenne (UE) face à la flambée des prix du gaz et du pétrole, en combinant des mesures de soutien immédiates avec des investissements de long terme dans les énergies propres et les infrastructures.

S’exprimant devant le Parlement européen, Ursula Von der Leyen a indiqué que les prix du gaz avaient augmenté de 140 % depuis fin février, tandis que ceux du diesel avaient doublé. Cette hausse pèse sur les ménages comme sur les entreprises, alors que les importations de combustibles fossiles représentent désormais un surcoût de quelque 100 milliards d’euros pour l’Europe, sans apport supplémentaire d’énergie.

« Nous devons agir maintenant pour protéger ceux qui en ont le plus besoin », a déclaré Ursula von der Leyen, tout en appelant à traiter les fragilités structurelles qui rendent l’Union dépendante des fluctuations des marchés internationaux.

La Commission entend notamment prolonger le cadre temporaire des aides d’État destiné aux secteurs industriels les plus exposés et maintenir des dispositifs ciblés en faveur des ménages vulnérables. Bruxelles prévoit également un dialogue stratégique sur les raffineries européennes afin de sécuriser les approvisionnements et de réduire les coûts.

À plus long terme, la Commission veut réduire la dépendance européenne aux énergies fossiles. Ursula von der Leyen a souligné que la part du gaz russe dans les importations européennes était passée de 45 % à environ 12 %, avec l’objectif de parvenir à zéro d’ici la fin de l’année.

La présidente de la Commission a également plaidé pour une accélération de l’électrification. Plus de 70 % de l’électricité européenne provient désormais de sources propres produites au sein de l’Union, tandis que le taux d’électrification de la consommation énergétique reste limité à 23 %.

Bruxelles veut ainsi doubler cette part d’ici 2040. Cette évolution pourrait réduire de 260 milliards d’euros par an la facture européenne liée aux importations de combustibles fossiles. La Commission insiste parallèlement sur l’urgence d’investir dans les réseaux : plus de 80 gigawatts de capacités renouvelables ont été installés l’an dernier, mais une capacité six fois supérieure attend encore d’être raccordée.