Les États membres de l’Union européenne (UE) ont conclu vendredi un accord visant à renforcer la surveillance des marchés financiers à l’échelle européenne, tout en excluant Deutsche Börse, l’opérateur de la Bourse de Francfort, du nouveau dispositif de contrôle. Le compromis a été confirmé par des sources diplomatiques .
Conclu avant une réunion des ministres européens de l’Économie et des Finances à Luxembourg, cet accord prévoit de consolider les pouvoirs de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA), appelée à jouer un rôle accru dans la supervision des principaux acteurs du secteur.
Toutefois, Deutsche Börse restera en dehors du nouveau périmètre de surveillance. Les sources diplomatiques n’ont pas précisé les motifs de cette exclusion, laissant en suspens les modalités exactes de son articulation avec le futur dispositif européen.
Le compromis s’inscrit dans le cadre du paquet législatif consacré à l’intégration et à la surveillance des marchés financiers. Il constitue une étape importante dans l’élaboration de la position commune des États membres sur cette réforme, dont les contours définitifs dépendront du texte finalement adopté.
Le projet prévoit notamment d’étendre les compétences de l’ESMA en matière de contrôle des grandes plateformes de négociation, des chambres de compensation, des dépositaires centraux de titres et des prestataires de services sur cryptoactifs. L’objectif est d’harmoniser davantage les règles et les pratiques de supervision entre les pays membres afin de faciliter les opérations financières transfrontalières.
À travers cette initiative, Bruxelles entend également améliorer les conditions de financement des entreprises et offrir aux investisseurs un accès plus large aux possibilités de placement disponibles sur le marché européen.
Présenté par la Commission européenne le 4 décembre 2025, ce paquet législatif s’inscrit dans la stratégie de l’Union de l’épargne et des investissements. La Commission considère que la fragmentation des marchés européens freine leur développement et leur compétitivité face aux grandes places financières internationales.
En 2024, la capitalisation boursière de l’Union européenne représentait 73 % de son produit intérieur brut, contre 270 % aux États-Unis. Cet écart illustre, selon Bruxelles, l’ampleur des défis à relever pour renforcer l’attractivité et l’intégration des marchés financiers européens.

