Le Vietnam a organisé mercredi les funérailles de 731 soldats morts au combat, dont les dépouilles ont été exhumées dans le cadre d’une vaste opération visant à retrouver et identifier les militaires portés disparus pendant plusieurs décennies de conflits avec la France puis les États-Unis.
À Hô Chi Minh-Ville, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées le long du parcours du cortège funéraire jusqu’à un cimetière militaire situé en périphérie. Des cercueils en terre cuite, recouverts du drapeau national, ont été transportés à bord de bus, tandis que des habitants déposaient des fleurs blanches et se recueillaient en hommage aux soldats.
Les restes ont été découverts dans des tombes individuelles et des fosses communes au parc Le Thi Rieng. Ils seraient ceux de combattants tués en 1968, lors de la répression d’un soulèvement communiste par les forces soutenues par les États-Unis.
Les fouilles en question s’inscrivent dans une campagne nationale de 500 jours, lancée en mars. Depuis juillet, des centaines de spécialistes et de militaires ont travaillé sur le site, mobilisant des engins de chantier, des pompes à eau et des opérations de tamisage manuel.
Lors de ces funérailles, le vice-président du comité populaire de la ville, Nguyen Manh Cuong a assuré que les autorités poursuivraient leurs efforts pour retrouver les dépouilles des soldats portés disparus, dont la plupart retrouvées n’ont toutefois pas encore pu être identifiées, en raison des destructions causées par la guerre et du temps écoulé. Les médias d’État ont annoncé l’identification d’un premier soldat, Huynh Van Quen, chef d’escouade tué en 1968.
Le Vietnam estime qu’environ 1,2 million de ses soldats ont péri entre 1945 et 1975. Le gouvernement ambitionne de récupérer 7.000 dépouilles d’ici juillet 2027. Plus de 1.500 personnes participent aux recherches sur d’anciens champs de bataille au Vietnam, au Laos et au Cambodge.
L’identification génétique constitue un axe majeur de cette démarche. Les autorités recensent les proches des soldats disparus et prélèvent des échantillons d’ADN dans quelque 230.000 tombes de morts non identifiés. Un programme pilote, soutenu financièrement par les États-Unis, a permis d’extraire des données génétiques de 54 échantillons sur 58.

