La France et l’Allemagne ont convenu d’adopter une approche commune destinée à préserver la compétitivité de l’industrie automobile européenne, tout en maintenant les objectifs climatiques de l’Union européenne (UE).
Cet accord, qui doit encore être consolidé au niveau national et porté auprès des partenaires européens, vise à accélérer la décarbonation du secteur et à renforcer la production en Europe, de véhicules de nouvelle génération.
Dans leur déclaration conjointe, Paris et Berlin défendent une stratégie conciliant réduction des émissions de CO₂, flexibilité réglementaire et soutien à l’investissement industriel. Les deux pays souhaitent tenir compte des réalités du marché et des évolutions technologiques, tout en encourageant la recherche, le développement, la production européenne et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
L’objectif affiché est de consolider la souveraineté technologique de l’Europe et de renforcer sa capacité à concevoir et fabriquer des véhicules électriques compétitifs. « Notre objectif est clair : une industrie automobile européenne compétitive, innovante et décarbonée, qui produit en Europe et crée les emplois de demain », souligne le texte commun.
Le président français, Emmanuel Macron, a appelé sur le réseau social X, à une conclusion rapide des discussions avec les autres États membres de l’UE, souhaitant que « cette dynamique franco-allemande puisse aboutir à un accord rapidement avec nos partenaires, pour nos emplois et notre industrie».
Cette initiative intervient alors que les constructeurs européens font face à une concurrence accrue, notamment de la part des fabricants chinois, ainsi qu’à des interrogations sur leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationales. Paris et Berlin entendent ainsi défendre leur base industrielle sans renoncer aux engagements européens en matière de transition climatique.
En octobre, l’Union européenne et la Chine avaient annoncé un accord de principe sur les exportations chinoises de véhicules hybrides et hybrides rechargeables vers le marché européen. Selon le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, ce dispositif pourrait contribuer à modérer ces exportations et à réduire les importations de plusieurs millions de véhicules chinois sur quatre ans.
L’accord franco-allemand doit désormais être discuté avec les partenaires européens. Sa mise en œuvre dépendra des arbitrages à venir sur l’équilibre entre ambition climatique, compétitivité industrielle et protection des capacités de production européennes.

