La Roumanie mise sur un gouvernement de compromis pour mettre fin à l’impasse politique

Le Parlement roumain doit se prononcer mardi sur la composition du  gouvernement proposée par le Premier ministre désigné, Luca Niculescu, dans l’espoir de mettre fin à plusieurs mois de crise politique. 

Soutenu par trois formations pro-européennes, ce gouvernement doit permettre au pays de retrouver une stabilité institutionnelle, dans un contexte marqué par la progression de l’extrême-droite et les tensions autour des finances publiques.

Âgé de 55 ans, cet ancien diplomate et journaliste, Luca Niculescu est le quatrième responsable chargé par le président Nicusor Dan de former un gouvernement depuis la chute en mai dernier, de la coalition qui était au pouvoir. 

Sans affiliation partisane, il a composé une équipe associant des représentants du Parti social-démocrate (PSD), principale formation politique du pays, et des technocrates.

Cette formule, qu’il juge adaptée aux circonstances, doit permettre de prendre rapidement les décisions nécessaires après plusieurs mois de turbulences. Le cabinet bénéficie en principe d’une majorité grâce au soutien du PSD, des libéraux et de l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR).

La crise politique dans ce pays, a débuté avec l’effondrement d’une coalition pro-européenne de quatre partis, dirigée par le libéral, Ilie Bolojan. En mai 2026, le PSD avait quitté le gouvernement en raison de désaccords sur la politique budgétaire et les mesures d’austérité, avant de rallier l’extrême-droite pour faire adopter une motion de censure.

Depuis, l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR), formation d’extrême-droite, domine les sondages avec près de 40 % des intentions de vote et réclame des élections anticipées. 

Le président centriste, Nicusor Dan rejette cette option, estimant qu’un nouveau scrutin prolongerait l’instabilité et aggraverait les difficultés budgétaires que connait le pays. Il exclut également toute participation de l’extrême-droite au futur gouvernement.

Ancien correspondant de médias français et ex-rédacteur en chef de RFI Roumanie, Luca Niculescu occupe actuellement un poste de secrétaire d’État aux Affaires étrangères, où il supervise le processus d’adhésion du pays à l’OCDE.