À l’occasion du Forum économique mondial de Davos 2026, le président français, Emmanuel Macron a livré, mardi 20 janvier en Suisse, une analyse sombre de l’état du monde actuel, dénonçant une montée des déséquilibres sécuritaires, économiques et politiques.
Selon le chef de l’État français, la communauté internationale entre dans « un monde sans loi », marqué par l’affaiblissement du droit international et la banalisation de la force comme mode de règlement des différends.
Évoquant un climat mondial dégradé, Emmanuel Macron a alerté sur « une dérive vers l’autocratie et davantage de violence », estimant que les conflits sont devenus la norme et que « des ambitions impériales refont surface ».
Face à cette évolution dynamique, il a plaidé pour un sursaut collectif et un renforcement de la coopération internationale, condition indispensable, selon lui, à la préservation de la stabilité mondiale.
Sur le plan économique, le président français a dénoncé une concurrence internationale de plus en plus agressive, pointant notamment les relations commerciales de l’Union Européenne (UE) avec les États-Unis.
Il a critiqué les demandes de concessions croissantes formulées par Washington et ses menaces d’imposer des droits de douane élevés, en particulier sur des produits emblématiques comme les vins et champagnes français.
«L’Europe dispose d’outils très puissants et doit les utiliser lorsqu’elle n’est pas respectée », a-t-il affirmé, en référence à l’instrument anti-coercition de l’Union européenne.
Emmanuel Macron a également insisté sur la nécessité pour les Européens de renforcer leur souveraineté et leur autonomie stratégique, tout en défendant un multilatéralisme pragmatique et efficace.
Il a mis en avant l’importance des solutions collaboratives et du dialogue, citant notamment les initiatives européennes au Groenland et les discussions en cours au sein du G7.
Le chef de l’État français a par ailleurs dressé un constat des déséquilibres économiques mondiaux, évoquant une surconsommation américaine, un surinvestissement chinois et un déficit de compétitivité en Europe.
Pour y remédier, il a appelé à un effort massif d’investissement dans les secteurs stratégiques, tels que l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, les technologies vertes, la défense et la sécurité, tout en soulignant le rôle clé des capitaux privés et des réformes structurelles.
Ce discours intervient dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et commerciales entre les USA et l’UE. La Commission européenne a déjà promis une réponse « ferme » aux menaces américaines, tandis qu’un sommet d’urgence de l’UE est prévu à Bruxelles afin de coordonner une stratégie commune.

