Moscou et Kiev mènent des consultations distinctes en marge du Forum de Davos

La Russie et l’Ukraine ont affiché mardi un optimisme mesuré à l’issue de discussions distinctes menées avec des représentants américains et européens en marge du Forum économique mondial (FEM) de Davos, en Suisse. 

Ces échanges, bien que prudents, témoignent d’une reprise des contacts diplomatiques autour d’une éventuelle issue au conflit qui dure depuis près de trois ans.

Côté russe, l’envoyé spécial Kirill Dmitriev a qualifié de « constructives » les discussions tenues pendant plus de deux heures avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, à la Maison des États-Unis à Davos. Selon lui, ces échanges traduisent une évolution des perceptions internationales. 

« De plus en plus de personnes reconnaissent la justesse de la position russe », a-t-il déclaré, sans toutefois livrer de détails sur le contenu des pourparlers à Davos.

Steve Witkoff a pour sa part confirmé le climat positif des discussions, affirmant que les contacts s’étaient «très bien déroulés».

Du côté ukrainien, le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense, Rustem Umerov a indiqué que des discussions en vue d’un règlement politique étaient également en cours, précisant dans un message sur Telegram, avoir mené plusieurs consultations à Davos avec des responsables ukrainiens de premier plan, dont Kyrylo Budanov et le député David Arakhamia. 

Des réunions ont également eu lieu avec les conseillers à la sécurité nationale de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, afin d’harmoniser les positions sur les garanties de sécurité et la poursuite des efforts diplomatiques.

Umerov a ajouté que d’autres rencontres porteraient prochainement sur les garanties de sécurité, le développement économique et la reconstruction de l’Ukraine. Kyrylo Budanov s’est pour sa part dit « prudemment optimiste », tout en soulignant que le processus resterait long et complexe. « La paix ne viendra pas demain », a-t-il averti, rappelant que l’évolution dépendra largement de la position de Moscou.

Ces discussions s’inscrivent dans le cadre plus large de la stratégie du président américain, Donald Trump, qui privilégie une approche directe et personnalisée pour tenter de mettre fin au conflit russo-ukrainien. 

Son initiative repose notamment sur des garanties de sécurité américaines pour Kiev et une implication accrue de l’Europe, tout en laissant en suspens des dossiers sensibles, tels que le statut des territoires occupés et de la centrale nucléaire de Zaporijia.