La Première ministre italienne, Giorgia Meloni a déclaré ce mercredi 21 janvier, que son pays n’était pas encore en mesure de se prononcer définitivement sur son éventuelle adhésion au «Conseil de paix» proposé par le président américain, Donald Trump concernant la situation à Gaza et dans les autres zones de conflit sur la planète.
Justifiant cette hésitation par des contraintes d’ordre constitutionnel qui empêchent Rome de s’engager immédiatement dans ce nouveau cadre diplomatique, la cheffe du gouvernement a évoqué dans une déclaration sur la chaîne Tv publique Rai News, une «incompatibilité constitutionnelle» qui ne permet pas à l’Italie de signer sans délai lors de la cérémonie officielle de lancement de cette instance.
Elle a toutefois tenu à souligner que son pays demeurait ouvert à une participation future, insistant sur la nécessité de mener un examen juridique approfondi de la proposition de Donald Trump.
«Ce n’est pas un choix intelligent, pour l’Italie comme pour l’Europe, de s’exclure d’un organe qui est, quoi qu’il en soit, intéressant », a déclaré Giorgia Meloni, appelant à une approche pragmatique et concertée au niveau européen.
Giorgia Meloni a mis en avant les exigences de l’article 11 de la Constitution qui autorise l’Italie à céder une part de sa souveraineté uniquement dans un cadre fondé sur l’égalité entre États, et ce au profit d’organisations internationales œuvrant pour la paix et la justice, or, selon elle, le statut juridique et le fonctionnement du «Conseil de paix» tel qu’il se présent actuellement ne répondent pas pleinement à ces critères.
Interrogée sur le risque que cette instance puisse s’apparenter à une «ONU privée», Giorgia Meloni a été catégorique en affirmant qu’«aucun organe ne peut remplacer les Nations unies». Elle a néanmoins précisé que le Conseil de paix s’inscrivait dans le cadre d’une résolution onusienne, tout en reconnaissant que « d’autres aspects » du dispositif continuaient de soulever nombre d’interrogations en Italie.
La semaine dernière, la Maison Blanche avait annoncé la création de ce Conseil de paix, parallèlement à l’approbation de la mise en place d’un Comité national chargé de l’administration de la bande de Gaza, l’un des quatre organes destinés à encadrer la phase de transition dans l’enclave palestinienne.
Cette initiative intervient alors que débute la deuxième phase d’un accord de cessez-le-feu sous l’égide du président Trump, mettant fin à la guerre menée par Israël contre Gaza, un conflit qui a occasionné depuis octobre 2023, plus de 71.000 morts et 171.000 blessés, selon les autorités locales à Gaza.

