L’ONU alerte sur la montée de la loi du plus fort et l’érosion des droits humains

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres a vivement dénoncé ce lundi 23 février, la progression de «la loi du plus fort» sur la scène internationale, qu’il assimile à une «attaque de grande envergure» contre les droits humains.

Sans citer explicitement de pays ni de dirigeants, le chef de l’ONU qui s’exprimait à l’ouverture d’une nouvelle session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, a estimé que cette offensive contre les libertés fondamentales ne se déroule « ni en secret, ni par surprise », mais « au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants ».

«Partout dans le monde, les droits humains sont sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté », a déploré Antonio Guterres relevant l’affaissement de l’État de droit, un principe selon lequel les autorités publiques sont soumises au respect du droit et contrôlées par des institutions indépendantes, notamment judiciaires.

«Quand les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule », a-t-il averti, décrivant un monde où « les souffrances massives sont admises » et où le droit international est relégué au rang de contrainte secondaire.

Le secrétaire général de l’ONU a également pointé un recul marqué de l’espace civique à l’échelle mondiale. Emprisonnement de journalistes et de défenseurs des droits humains, fermeture d’organisations non gouvernementales, remise en cause des droits des femmes et marginalisation des personnes en situation de handicap figurent parmi les tendances préoccupantes qu’il a énumérées. Il a aussi dénoncé la stigmatisation des migrants, des réfugiés, des minorités et des peuples autochtones, affirmant que «les démocraties s’érodent».

Dressant un constat « amer », Antonio Guterres a évoqué la multiplication des conflits, l’extension de l’impunité et l’explosion des besoins humanitaires, aggravés par la baisse des financements internationaux, citant notamment les conséquences des réductions drastiques de l’aide extérieure américaine décidées par le président Donald Trump.

Enfin, le chef de l’ONU a mis en garde contre l’usage croissant des technologies, en particulier de l’Intelligence Artificielle (IA), qu’il juge de plus en plus, instrumentalisées pour réprimer, creuser les inégalités et exposer les populations marginalisées à de nouvelles formes de discrimination, en ligne comme hors ligne.