Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a été réélu, sans surprise, secrétaire général du Parti des travailleurs de Corée, à l’issue d’un congrès exceptionnel tenu à Pyongyang lundi l’agence officielle KCNA. Selon cette dernière, la décision a été adoptée « conformément à la volonté inébranlable et au désir unanime de tous les délégués ».
Sous sa direction, « la dissuasion militaire du pays, dont l’axe central repose sur ses forces nucléaires, a été radicalement renforcée », affirme KCNA. Le dirigeant avait précédemment indiqué que ce congrès dévoilerait la prochaine phase du programme nucléaire national, confirmant la priorité stratégique accordée aux capacités militaires.
Organisé en principe tous les cinq ans, le congrès du parti constitue l’événement politique le plus important du pays. Il sert traditionnellement à entériner les grandes orientations, à procéder à d’éventuels remaniements et à réaffirmer l’autorité du pouvoir. Il s’agit seulement du neuvième congrès depuis l’instauration du régime par la famille Kim, ces réunions ayant été interrompues sous Kim Jong-il avant d’être relancées en 2016.
Dans son discours d’ouverture, Kim Jong-un a reconnu les « tâches historiques lourdes et urgentes » auxquelles le pays est confronté, promettant d’améliorer le niveau de vie de la population. Cette déclaration intervient alors que la Corée du Nord fait face à des sanctions internationales persistantes, à une économie exsangue et à des pénuries alimentaires chroniques.
Depuis le précédent congrès de 2021, Pyongyang a multiplié les essais de missiles balistiques intercontinentaux, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Les médias d’État ont également fait état d’une révision des règles internes du parti afin de « consolider qualitativement ses rangs » et de renforcer la discipline.
Dans ce contexte, l’attention se porte aussi sur la présence accrue de la fille du dirigeant, Ju Ae, régulièrement montrée aux côtés de son père et perçue par certains observateurs comme une héritière potentielle. Le congrès apparaît ainsi comme une nouvelle démonstration de la mainmise de Kim Jong-un sur l’appareil d’État et sur l’orientation stratégique du pays.

