Au moins 30.000 personnes ont été contraintes de fuir leur domicile au Liban depuis le début de l’escalade militaire régionale entre Israël et le Hezbollah, ont indiqué mardi les Nations unies, alors que le conflit impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran entre dans son quatrième jour.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), d’importants mouvements de population sont signalés dans le Sud du Liban, dans la plaine de la Bekaa ainsi que dans la banlieue Sud de Beyrouth.
«Près de 30.000 personnes ont été accueillies et enregistrées dans des abris collectifs », a déclaré à Genève le porte-parole du HCR, Babar Baloch, évoquant des estimations prudentes. De nombreux déplacés ont toutefois passé la nuit dans leurs véhicules ou à même les routes, faute de structures d’accueil suffisantes.
Ces déplacements font suite aux avertissements d’évacuation lancés par Israël à l’encontre des habitants de plus de 53 villages libanais, accompagnés de frappes aériennes intensives.
Dans le même temps, l’armée israélienne a affirmé avoir mené des frappes nocturnes à Téhéran contre « le complexe de la direction du régime iranien », présenté comme son principal centre névralgique.
Un communiqué publié sur Telegram par Forces de défense israéliennes, indique que leurs frappes ont visé le palais présidentiel et le bâtiment du Conseil suprême de sécurité nationale.
Ces opérations s’inscrivent dans le cadre d’une offensive conjointe d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, à laquelle Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones dans plusieurs zones de la région. Une attaque de drones a également ciblé l’ambassade américaine à Riyad, en Arabie saoudite, sans qu’un bilan précis ne soit communiqué.
Face à la dégradation rapide de la situation sécuritaire, la France envisage des opérations d’évacuation des ressortissants français. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué sur BFMTV que des vols pourraient être affrétés, civils ou opérés par des « avions de la République », afin de rapatrier en priorité les ressortissants les plus vulnérables.
Sur le terrain, les frappes se poursuivent en Iran comme au Liban, où Israël affirme viser notamment le Hezbollah, mouvement chiite soutenu par Téhéran, accentuant les craintes d’un embrasement régional durable.

