L’Iran exclut toute reprise des négociations avec les Etats-Unis après une «expérience très amère»

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a exclu lundi 9 mars, toute reprise de négociations avec les États-Unis, évoquant une «expérience très amère» après les récents développements militaires dans la région.

Dans une interview accordée à la chaîne américaine PBS News, le ministre iranien a été interrogé sur la possibilité d’une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington sous l’autorité du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, Araghchi a estimé qu’il était « trop tôt » pour que ce dernier s’exprime sur cette question, tout en laissant entendre qu’un retour aux discussions paraît peu probable dans le contexte actuel.

Le Chef de la diplomatie iranienne a rappelé la récente escalade militaire de juin dernier, qu’il a décrite comme une « guerre de 12 jours », au cours de laquelle des installations nucléaires iraniennes auraient été visées par des frappes menées par Israël et les États-Unis. Ces attaques sont intervenues alors même que des discussions étaient en cours entre les deux parties.

Araghchi a également évoqué le dernier cycle de négociations nucléaires, tenu fin février à Genève sous médiation d’Oman. Selon lui, malgré une atmosphère jugée « sérieuse et constructive » et des progrès reconnus par la délégation américaine après trois rounds de discussions, Washington aurait finalement opté pour une action militaire.

Le ministre iranien a par ailleurs estimé que la désignation de Mojtaba Khamenei au sommet du pouvoir iranien s’inscrit dans une continuité stratégique, marquée par une méfiance persistante envers les États-Unis et Israël, tout en assurant une certaine stabilité politique.

Concernant les perturbations affectant le marché pétrolier régional, Araghchi a rejeté toute responsabilité iranienne, attribuant les tensions actuelles aux frappes israéliennes et américaines, qui auraient, selon lui, contribué à accroître l’instabilité dans le Golfe.

Ces développements ont notamment accentué les craintes des compagnies maritimes traversant le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie. Le ministre a toutefois affirmé que l’Iran n’avait pas fermé ce corridor maritime.

Enfin, Araghchi a prévenu que toute attaque américaine contre l’Iran entraînerait une riposte visant les bases et installations américaines dans la région. Une telle escalade, a-t-il averti, pourrait provoquer un élargissement du conflit à l’ensemble du Moyen-Orient, avec des conséquences majeures pour la sécurité régionale et internationale.