Le procès pour corruption de José Luis Ábalos, ancien ministre des Transports et figure influente du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), s’est ouvert mardi devant le Tribunal suprême à Madrid.
Cette affaire, qui mêle détournement de fonds, trafic d’influence et soupçons d’organisation criminelle, constitue un test politique majeur pour le gouvernement dirigé par le socialiste, Pedro Sánchez.
Au cœur de ce scandale figurent des contrats publics controversés liés à l’achat de masques pendant la pandémie de COVID-19. Le ministère public accuse José Luis Ábalos, qui plaide non coupable, d’avoir mis à profit ses fonctions pour favoriser des entreprises proches de l’homme d’affaires, Víctor de Aldama, en association avec son ancien conseiller Koldo García. Le parquet a requis jusqu’à 24 ans de prison contre l’ex-ministre, placé en détention provisoire depuis novembre 2025.
L’audience, prévue sur environ deux semaines, intervient dans un contexte politique délicat pour les socialistes, déjà fragilisés par plusieurs revers électoraux et à l’approche d’un scrutin régional clé en Andalousie.
L’opposition conservatrice, notamment le Parti populaire, multiplie les attaques contre la formation socialiste, accusant Pedro Sánchez d’avoir minimisé ses liens avec son ancien allié.
Les socialistes répliquent en pointant des affaires visant également leurs adversaires, dans un climat de forte polarisation politique. Mais l’impact médiatique du procès Ábalos est amplifié par des révélations embarrassantes, notamment des enregistrements audio à caractère privé diffusés dans la presse.
Plus de 75 témoins et une vingtaine d’experts sont appelés à comparaître dans cette affaire tentaculaire, dont certains volets restent encore à instruire. Parmi eux figure une procédure parallèle impliquant Santos Cerdán, autre proche du Premier ministre.
Pedro Sánchez qui affirme n’avoir eu aucune connaissance des faits reprochés à José Luis Ábalos et Santos Cerdán, a présenté ses excuses publiques tout en prenant ses distances avec les accusés. Toutefois, ce procès s’inscrit dans une série de dossiers judiciaires touchant son entourage, alimentant les interrogations sur la stabilité politique du gouvernement espagnol.

