Le CESE préconise un plan intégré et durable du transport en milieu rural

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) préconise l’élaboration d’un plan intégré et durable du transport en milieu rural, qui soit adapté aux spécificités de chaque niveau territorial rural, aux différents modes de transport, et qui porte une attention particulière aux zones isolées et aux douars éloignés.

Ce plan traduit l’importance du monde rural, dont le poids spatial et démographique couvre plus de 90% du territoire national et abrite plus de 13,7 millions d’habitants, soit 37,2% de la population totale, a souligné mercredi le CESE, lors d’une rencontre consacrée à la présentation des grandes lignes de son avis intitulé “Vers un transport rural inclusif, durable et résilient au service des populations et des territoires”.

Pour Abdelkader Amara, Président du Conseil, les programmes de désenclavement mis en œuvre ont amélioré la mobilité et le transport des personnes et des biens, portant le taux d’accessibilité à une route praticable toute l’année, de 54 % en 2005 à 81 % en 2022.

Toutefois, ces progrès demeurent inégalement répartis : les zones montagneuses, enclavées ou à habitat dispersé restent encore marquées par des poches d’isolement. La dégradation des routes non classées, l’absence d’un entretien pérenne de ces routes et pistes rurales compromettent la continuité des services, tout en accroissant le caractère accidentel, a détaillé le président du Conseil.

Parmi les contraintes affectant les différents modes de transport en milieu rural, figurent le vieillissement du parc du transport mixte, la faible couverture des taxis et des bus dans les zones isolées, les limites du transport scolaire, sanitaire et professionnel, ainsi que le caractère largement informel et précaire de certaines activités et l’insuffisance des mesures de sécurité routière, a pour sa part, expliqué Abdelhai Bessa, membre du Conseil.

Dans ce contexte, le Conseil propose notamment de moderniser et de renforcer le réseau routier rural, en procédant au classement progressif des routes non classées, en connectant les axes ruraux aux réseaux provinciaux et régionaux, et en assurant la pérennité des investissements réalisés dans les programmes de désenclavement.

Le CESE préconise aussi de porter une attention particulière aux zones isolées et aux douars éloignés, afin de garantir une connectivité optimale et un accès équitable aux services pour toutes les populations rurales.