Le retour des déplacés libanais s’amorce après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Beyrouth et Tel-Aviv

Au lendemain de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, des dizaines de milliers de déplacés libanais ont entamé, dès les premières heures du vendredi 17 avril, un retour massif vers leurs régions d’origine, notamment le Sud du pays et les banlieues sud de Beyrouth. Ce mouvement marque une première accalmie après plusieurs semaines d’affrontements armés entre le Tsahal israélien et le mouvement libanais pro-iranien, le Hezbollah.

Selon des témoignages recueillis sur place, d’importants flux de déplacés libanais ont été observés depuis les zones situées au Nord de la capitale, Beyrouth en direction des quartiers périphériques du Sud libanais, durement touchés par les frappes israéliennes. Les principaux axes routiers ont rapidement été saturés, avec des embouteillages prolongés traduisant l’ampleur du déplacement simultané des civils.

La congestion s’est également étendue aux autoroutes reliant Beyrouth au Mont-Liban et au Sud du pays. La route côtière en direction de Saïda et Tyr a été particulièrement affectée, des files ininterrompues de véhicules ralentissant considérablement la circulation. Malgré ces conditions difficiles, de nombreuses familles ont choisi de regagner leurs habitations, parfois sans savoir dans quel état elles les retrouveront.

Le cessez-le-feu, annoncé jeudi par le président américain, Donald Trump, est entré en vigueur à minuit heure locale et doit s’étendre sur une période de dix jours. Cette trêve temporaire suscite à la fois espoir et prudence au sein de la population, alors que les incertitudes demeurent quant à sa durabilité.

Le bilan humain du conflit reste lourd. D’après les chiffres officiels de sources libanaises, l’offensive israélienne lancée le 2 mars a causé la mort de 2.196 personnes et fait 7.185 blessés. Plus d’un million de Libanais ont été contraints de fuir leurs foyers, provoquant l’une des crises de déplacement les plus importantes que le pays du cèdre a connues ces dernières années.

Alors que les retours se poursuivent, les autorités libanaises et les organisations humanitaires redoutent désormais l’ampleur des besoins en reconstruction et en assistance, dans un pays déjà fragilisé par une crise économique profonde.